Montréal

L’OCPM lance sa consultation sur le racisme systémique

L’OCPM lance sa consultation sur le racisme systémique
Photo: Archives MétroL’instigateur de la pétition initiale, Balarama Holness (au milieu) est posé ici avec l'équipe qui a recueilli les quelque 16 000 signatures nécessaires au lancement de la consultation.

L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) lance mercredi soir sa tant attendue consultation publique sur le racisme et la discrimination systémiques avec une première séance d’information qui promet d’être courue.

«On s’attend à voir des centaines de personnes et des organismes dans le milieu, que ce soit philanthropique, social, culturel ou économique», explique à Métro l’ancien membre de Projet Montréal qui est à l’origine de cette initiative, Balarama Holness.

D’après lui, il faut voir que les défis pour amener la métropole vers l’équité sont nombreux, «notamment en termes d’emplois, de logement et de représentativité à l’hôtel de ville même».

En environnement, «il y a aussi plusieurs liens à faire entre les personnes marginalisées dans des arrondissements plus appauvris et l’impact des changements climatiques», note M. Holness, soulignant qu’il faut «définitivement explorer cette perspective» lors de la consultation.

La consultation sur le racisme systémique, qui a fait couler beaucoup d’encre dans les derniers mois à Montréal, devra aussi parler de sport et d’éducation, d’après son instigateur.

«On voit dans plusieurs arrondissements marginalisés que ce n’est pas les mêmes infrastructures qu’ailleurs. Le municipal investit autour des écoles privées, quand on a des écoles publiques qui sont en train de se démunir.» -Balarama Holness, instigateur de la pétition sur le racisme systémique

D’après les données de l’OCPM, la pétition réclamant la tenue d’une consultation sur le sujet a reçu plus de 16 700 signatures en date du 27 juillet dernier. L’Office s’était vu confier le mandat d’organiser un débat peu après par le comité exécutif de la Ville, à la fin août.

Balarama Holness dit vouloir impliquer les entreprises privées comme Deloitte et d’autres «dans la discussion pour faire de Montréal une ville la plus inclusive possible». Des organismes publics comme la Société de transport de Montréal (STM) devront aussi faire leur part, selon lui.

«La STM est vue comme étant l’une des organisations les plus inclusives, mais au sein de leur conseil d’administration, c’est homogène de droite à gauche, dit le principal intéressé. On voit ça partout dans l’organigramme de la Ville. Même s’il y a eu des avancements, la diversité n’est pas vraiment présente. Il y a un plafond de ciment qui limite aussi les promotions.»

Début d’un processus
Les citoyens interpellés par la problématique sont invités à assister à cette première séance d’informations dès 19h, à la Plaza Centre-Ville sur le boulevard Robert-Bourassa, tout près de la station Square-Victoria-OACI. Une garderie sera offerte sur place et les lieux seront accessibles aux personnes à mobilité réduite, promet-on.

Trois autres séances d’information auront lieu les 21, 28 et 29 mai prochains sur le thème de la culture, de l’emploi et finalement du profilage racial.

«Nous sommes plus que jamais déterminés à améliorer nos façons de faire pour faire de Montréal une métropole réellement égalitaire, inclusive et harmonieuse, à l’image de sa population, a déclaré la VP du comité exécutif, Madga Popeanu, dans un communiqué mercredi. En faisons-nous suffisamment, et ce, dans les limites de nos compétences municipales? Voilà une question à laquelle la consultation publique pourra répondre.»

Elle ajoute que Montréal «rejette sans équivoque» toute forme de racisme ou de discrimination, les élus étant «conscients de l’importance de notre rôle et de notre influence» dans ce combat.