Montréal
03:30 24 mars 2020 | mise à jour le: 23 mars 2020 à 22:43

STM: un élu presse la Ville de munir les bus de caméras extérieures

STM: un élu presse la Ville de munir les bus de caméras extérieures
Photo: Pabo Ortiz/Métro

Un élu presse la Ville de Montréal de munir les autobus de la Société de transport de Montréal (STM) de caméras extérieures afin de réduire le nombre d’automobilistes qui utilisent les voies réservées aux heures de pointe.

«La Ville est consciente que cette technologie existe, mais elle ne fait rien pour résoudre ce problème», déplore à Métro le conseiller indépendant de Snowdon, Marvin Rotrand.

En octobre 2019, la Metropolitan Transportation Authority, l’organisme qui gère le transport en commun à New York, a décidé de munir des dizaines d’autobus de caméras pouvant capter les informations inscrites sur la plaque d’immatriculation des voitures stationnées illégalement dans leurs voies en plus de prendre des photos et des vidéos des fautifs. La police peut ensuite utiliser ces images pour remettre des amendes aux automobilistes.

Selon un bilan de cette initiative dressé en janvier, celle-ci a permis de prendre sur le fait des milliers d’automobilistes. Elle a aussi eu pour effet de réduire le temps de déplacement des autobus et d’augmenter leur achalandage.

«Il y a une corrélation claire entre la vitesse des bus et l’achalandage. Quand les citoyens se rendent compte que les bus sont plus rapides et ponctuels, ils les utilisent davantage», souligne M. Rotrand. 

Selon l’élu, la Ville pourrait appliquer une telle mesure très rapidement.

«On n’a pas besoin de munir tous les bus de la STM, seulement une partie d’entre eux. Par ailleurs, les caméras ne sont pas très dispendieuses», affirme l’élu, qui envisage de présenter une motion à cet égard à la prochaine séance du conseil municipal, le 20 avril. 

«Je demande qu’on commence à munir les bus de caméras pour que les automobilistes cessent de s’immobiliser illégalement dans les voies réservées.» -Marvin Rotrand, conseiller indépendant de Snowdon

Des conséquences majeures sur les bus

À Montréal, les automobilistes qui immobilisent leur véhicule dans une voie réservées aux autobus ou aux cyclistes s’exposent à une amende de 302$.

«Nous travaillons avec le SPVM et l’escouade mobilité à cet égard, car les véhicules en infraction [affectent] fortement la circulation des autobus dans les voies réservées et créent des zones de congestion», a indiqué à Métro une porte-parole de la STM, Isabelle Tremblay. 

Cette dernière n’a pas commenté la proposition de munir les bus de caméras. Elle indique toutefois que la STM compte sur le changement de statut à venir de ses inspecteurs en constables spéciaux pour permettre à ceux-ci d’assurer «une meilleure surveillance des voies réservées». 

Le SPVM, qui a décrété l’état d’urgence lundi, n’a pu fournir de données à Métro concernant le nombre d’amendes émises au cours des dernières années à des automobilistes immobilisés dans des voies réservées pour bus aux heures de pointe en raison de la crise sanitaire  liée à la propagation du coronavirus.

Une mesure qui a fait ses preuves

Ces dernières années, des chauffeurs d’autobus de la STM ont déploré le fait que automobilistes s’immobilisent régulièrement dans les voies réservées. Une situation qui peut causer des retards et des accrochages.

Selon l’expert en planification des transports Pierre Barrieau, l’ajout de caméras pouvant capter les informations des plaques d’immatriculation des véhicules permettrait de «diminuer la délinquance sur les voies réservées».

«Il y a toujours des voitures qui se faufilent dans la voie réservée, ce qui réduit la performance des bus», souligne M. Barrieau en donnant l’exemple de la voie réservée sur le boulevard René-Lévesque, au centre-ville. 

Selon des données obtenues en novembre dernier par Métroles lignes d’autobus express de la STM ont perdu plus de 20% de leur achalandage de 2012 à 2018.

«Il faudrait miser sur les voies réservées les plus problématiques. Ça pourrait alors être une solution prometteuse», estime M. Barrieau.

Le cabinet de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, n’a pas voulu commenter.

Articles similaires