Montréal
12:24 21 juillet 2020 | mise à jour le: 21 juillet 2020 à 12:40 temps de lecture: 3 minutes

L’exode des Montréalais vers les banlieues s’accentue

L’exode des Montréalais vers les banlieues s’accentue
Photo: Archives Métro

L’exode des Montréalais vers les autres régions du Québec, surtout les banlieues, a pris une ampleur jamais vue depuis près de 30 ans, selon la dernière analyse démographique produite par la Ville de Montréal.

Lors de la période 2018-2019, 60 605 résidents de l’agglomération de Montréal ont quitté pour s’établir ailleurs au Québec, alors que seulement 32 715 nouveaux résidents québécois se sont établis à Montréal. Le «déficit intraprovincial» équivaut donc à 27 890.

«Il s’agit du plus important déficit intraprovincial enregistré depuis 1992», note la publication.

Ce chiffre s’est accentué au cours des cinq dernières années. En 2014-2015, il atteignait 14 583.

La banlieue est la région la plus prisée par ces Montréalais qui déménagent. Près de 86% d’entre eux ont choisi de s’installer en Montérégie, à Laval, à Lanaudière et dans les Laurentides.

«On dénote une forte proportion de jeunes adultes âgés de 25 à 34 ans, qui s’en va vivre à l’extérieur de Montréal avec famille et enfants, particulièrement dans les régions adjacentes à l’agglomération», peut-on lire.

Décroissance migratoire

Combinés à l’exode vers les banlieues, d’autres phénomènes ont fait en sorte que Montréal a enregistré un premier accroissement migratoire négatif depuis 2007, avec un déficit de 5932.

En 2018-2019, Montréal a enregistré une «diminution significative» du nombre d’immigrants internationaux reçus. Le solde migratoire international est à son plus bas depuis 2006, avec 24 158.

En outre, les échanges migratoires avec les autres provinces canadiennes ont «constamment désavantagé» Montréal au cours des vingt dernières années. Or, Montréal s’en sort mieux que depuis plus de 30 ans dans cette catégorie, note le rapport. Le solde migratoire interprovincial s’établit à un déficit de 2200 personnes.

L’accroissement naturel positif de 7480 personnes, qui signifie qu’il y a plus de naissances que de décès, a tout de même permis une croissance de la population dans l’agglomération. En 2019, 2 052 910 personnes habitaient le territoire.

L’opposition déplore l’exode des Montréalais

Le parti d’opposition Ensemble Montréal a déploré ces chiffres, estimant que l’administration Plante fait «fuir» les Montréalais. «Valérie Plante avait pourtant promis de freiner le départ des familles vers les banlieues, a écrit l’attaché de presse, Marc-Antoine Audette. Non seulement elle n’a pas réussi à le freiner, mais les jeunes familles sont plus nombreuses que jamais à quitter Montréal.»

Dans une réaction écrite, l’administration Plante s’est défendue sur son engagement à «lutter contre l’exode».

«Une enveloppe de 140 M$ en subventions destinées à accroître et à améliorer l’offre de logements sociaux et abordables et à faciliter l’acquisition de propriétés, notamment par la bonification des subventions aux premiers acheteurs, est prévue au budget 2020», a pointé l’attachée de presse Catherine Cadotte.

«Certains ménages sont exclus de l’accès à la propriété en raison de dynamiques de marchés, et c’est précisément un enjeu auquel répondra le règlement pour une métropole mixte», a-t-elle ajouté.

Articles similaires