Montréal
13:54 24 juillet 2020 | mise à jour le: 24 juillet 2020 à 15:56 temps de lecture: 3 minutes

SPVM: quatre policiers accusés au terme d’une longue enquête

SPVM: quatre policiers accusés au terme d’une longue enquête
Photo: Denis Beaumont/Archives MétroLe quartier général du SPVM.

Quatre policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont été visés par des accusations au terme d’une longue enquête entamée en 2017 à la suite d’allégations «graves» d’ex-cadres du corps de police, a annoncé la Sûreté du Québec (SQ), vendredi.

En février 2017, une enquête de l’émission J.E avait levé le voile sur plusieurs failles de l’ancienne division des affaires internes du corps de police. D’ex-cadres du corps de police avaient notamment affirmé que des allégations auraient été fabriquées à partir d’une écoute électronique pour initier des enquêtes.

Le directeur du SPVM de l’époque, Philippe Pichet, avait ensuite demandé de transférer tous ses dossiers d’enquêtes internes à un nouveau groupe d’enquêteurs mixtes formé à la suite de ces allégations. Cette équipe spéciale comprenait des membres de la SQ, de la Gendarmerie royale du Canada et des corps de police municipaux de Gatineau, de Longueuil et de Québec. Au plus fort de l’enquête, l’équipe comptait 43 membres policiers et civils.

«L’objectif était de déterminer si les démarches d’enquête effectuées dans le passé, le cas échéant, avaient été faites dans les règles de l’art», a indiqué vendredi la SQ par voie de communiqué.

En décembre 2017, le rapport de l’avocat Michel Bouchard faisait état d’un «climat malsain» et «extrêmement tendu» au sein du SPVM. Le vaste document soulignait notamment que la division interne était trop proche du directeur du corps de police. Philippe Pichet a ensuite quitté le SPVM. C’est aujourd’hui Sylvain Caron qui dirige le corps de police. 

Travail colossal

Au cours des trois dernières années, l’équipe a analysé 1020 dossiers afin de déterminer «s’il y avait présence d’éléments criminels». Elle a aussi reçu 136 signalements en lien par le biais d’une centrale d’information criminelle créée après l’éclatement de ce scandale. Des policiers de la SQ et de l’équipe mixte avaient d’ailleurs procédé à des perquisitions au quartier général du SPVM, en octobre 2017, à la suite de certains signalements.

Finalement, au terme de ces enquêtes, quatre policiers du SPVM ont été visés par des accusations, a indiqué la SQ vendredi. Elle met ainsi un terme à ses enquêtes dans ce dossier.

«Compte tenu que le Directeur des poursuites criminelles et pénales a déjà rendu ses décisions dans tous les dossiers qui lui ont été soumis, la Sûreté du Québec ne formulera aucun commentaire additionnel», précise-t-elle.

Contacté par Métro, le SPVM s’est également fait avare de commentaires, vendredi.

«Le SPVM analyse les volets disciplinaires et administratifs en lien avec le communiqué de la SQ, des processus qui ne sont pas de nature publique», indique un porte-parole par écrit.

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