Discussions sur l’avenir du Vieux-Montréal
Près d’une trentaine d’intervenants ont déposé un mémoire, et 1 200 citoyens ont répondu au questionnaire afin de donner leur vision du développement du Vieux-Montréal. Intitulée Faire du neuf avec le vieux, la consultation publique a été l’une des plus courues. En voici un aperçu en trois points.
C’est grave, docteur?
Malgré son côté patrimonial reconnu, ses attraits touristiques et le plan de réappropriation entamé au début des années 80, le Vieux-Montréal vit actuellement une mini-crise de croissance. Même si le quartier est en train de se repeupler (3 200 habitants contre 560 en 1976), cela n’est pas suffisant, note la Ville, qui veut favoriser la construction de logements sur les 22 terrains encore vacants. Il manque aussi plusieurs commerces de proximité et la connectivité avec les autres quartiers est entravée par la tranchée de l’autoroute Ville-Marie. En dépit d’une offre muséale améliorée, l’offre touristique doit aussi être corrigée. «Les vieilles pierres, les amuseurs publics et les restaurants chers et pas très bons, ça a fait son temps», croit un observateur de la scène municipale. En outre, plusieurs emblèmes du secteur, comme la gare Viger et le silo #5, restent désespérément vides.
Les solutions avancées
Dans son plan de mise en valeur, la Ville a défini ses priorités. Il s’agit notamment de revoir l’aménagement de la place Jacques-Cartier et du boulevard Saint-Laurent, ainsi que l’accès au Vieux-Montréal, en prolongeant la rue Sanguinet jusqu’à la rue Gosford. Les deux partis d’opposition demandent des mesures plus ambitieuses. La chef de Vision Montréal propose entre autres de recouvrir toute la portion est de l’autoroute Ville-Marie, pour désenclaver le secteur, et de multiplier le concept de rue habitée où piétons et autos se partagent la rue. De son côté, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, mise sur le tramway et sur une utilisation accrue du rôle du cheval, qui pourrait notamment servir au ramassage des poubelles publiques. Une écurie serait construite près du marché Bonsecours qui accueillerait les enfants.
Et ensuite?
Les recommandations faites lors d’une démarche de consultation publique sont résumées dans le rapport final que publiera l’Office de consultation publique au printemps. Plusieurs des recommandations actuelles ont déjà été faites par le passé sans être appliquées, ont signalé
plusieurs habitants du quartier lors du processus d’information. «C’est notamment pourquoi on aimerait que la Ville fasse, pour chaque projet de consultation, un suivi des recommandations qu’elle aura suivies ou pas», indique Luc Doray, porte-parole de l’OCPM.