Montréal
11:24 18 mars 2021 | mise à jour le: 18 mars 2021 à 16:11 temps de lecture: 5 minutes

Les travailleurs des tours de bureaux au coeur de la relance du centre-ville

Les travailleurs des tours de bureaux au coeur de la relance du centre-ville
Photo: Josie Desmarais/MétroLe centre-ville de Montréal

L’administration de Valérie Plante a dévoilé jeudi un plan de 25 M$ pour stimuler la relance du centre-ville, cet été, avec comme cible première d’inciter les travailleurs à retourner dans les tours de bureaux.

Aide financière aux commerçants et au secteur de la restauration, adaptation des bureaux aux règles sanitaires, rues piétonnes et terrasses élargies: la Ville explore tous les moyens pour relancer le coeur de la métropole, durement éprouvé par la pandémie.

«On met en place toutes les mesures pour éviter un cycle de dévitalisation du centre-ville», a assuré jeudi le responsable du développement économique au comité exécutif, Luc Rabouin. Ce dernier a pris part en avant-midi à une conférence de presse sur le site de la Place des Festivals en compagnie notamment de la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Ce plan, financé à hauteur de 60% par Québec et à 40% par la Ville, prévoit notamment de conserver le stationnement sur rue au centre-ville gratuit les vendredis soirs et la fin de semaine jusqu’à la Fête du travail, le 6 septembre. Une mesure que l’administration municipale évalue à 3 M$ en raison des pertes estimées en frais de parcomètres.

Une somme de 4 M$ servira à soutenir les petites entreprises, tandis qu’une enveloppe de 2 M$ aura comme objectif d’aider les tours à bureaux à adapter leurs espaces de travail aux règles sanitaires tout en rendant ceux-ci plus attrayants pour les employés.

Travailleur à l’extérieur

Le retour des travailleurs dans ces grands immeubles commerciaux est d’ailleurs crucial pour assurer la relance du centre-ville. Pour ce faire, la Ville souhaite donner l’occasion aux employés des tours de bureaux de travailler à l’extérieur, cet été.

«Les gens se sentent en sécurité dehors. Donc, on veut travailler à créer des espaces de travail extérieurs au centre-ville», a expliqué M. Rabouin, qui espère que cela aura un effet d’«attrait» pour ces milliers d’employés.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) a d’ailleurs dévoilé mercredi son projet «J’aime travailler au centre-ville», qui a reçu un soutien de 8,5M$ de la part de Québec. Celui-ci vise à travailler avec les grands employeurs pour mettre en place plusieurs initiatives qui, espère l’organisation, sauront convaincre une partie des employés de retourner dans les tours de bureaux.

«C’est sûr que les touristes, c’est important. Les étudiants internationaux, c’est important. Mais c’est fondamental que le centre-ville retrouve son dynamisme au niveau de la présence des travailleurs», a souligné le président et chef de la direction de la CCMM, Michel Leblanc.

Actuellement, environ 90% des 300 000 travailleurs du centre-ville n’ont pas encore réintégré leur bureau, selon la Ville. Le retour se fera progressivement, anticipe M. Leblanc, qui reconnaît que le télétravail pourrait perdurer en partie au terme de la pandémie. Plusieurs employeurs pourraient notamment opter pour un format hybride, faisant en sorte que les employés ne se déplaceront au centre-ville que deux ou trois jours par semaine, par exemple.

D’autre part, le plan prévoit une somme de 2 M$ pour soutenir le Quartier chinois, qui écope, comme le reste du centre-ville, de la hausse du nombre de locaux commerciaux vacants.

Rues piétonnes et terrasses

La Ville misera aussi sur divers aménagements afin de rendre le centre-ville plus attrayant cet été. Des rues piétonnes verront notamment le jour pendant la période estivale, de même que de grandes terrasses dans l’espace public. Tout comme l’été dernier, le Partenariat du Quartier des spectacles promet d’animer le centre-ville en mobilisant 500 artistes dans le cadre d’une programmation qui reste à détailler.

La présidente du conseil d’administration du Partenariat, Monique Simard, a d’ailleurs salué la décision de Québec de permettre la réouverture des salles de spectacle le 26 mars, tout comme celle de repousser l’application du couvre-feu à 21h30 dans le Grand Montréal.

«On peut penser qu’on aura un été radieux dans le centre-ville», a-t-elle lancé, souriante.

Le directeur général de la Société de développement Montréal centre-ville, Glenn Castanheira, partage d’ailleurs son enthousiasme. Dénonçant l’idée selon laquelle que le centre-ville «est désert», il a plutôt affirmé que 1,4 million de passages de piétons ont été enregistrés par des compteurs sur la rue Sainte-Catherine Ouest, le mois dernier. L’organisme ne dispose toutefois pas de données comparatives avec les années précédentes.

«On sent sincèrement qu’on se dirige dans la bonne direction pour relancer le centre-ville de Montréal», a affirmé M. Castanheira. Ce dernier, qui travaille actuellement sur des projets de piétonnisation au centre-ville, s’attend d’ailleurs à constater une forte augmentation du nombre de terrasses devant les commerces du secteur pendant la saison estivale.

Une adaptation pour les festivals

Quant aux festivals, difficile de dire pour l’instant quelle forme prendra leur programmation cet été. L’an dernier, celle-ci a pris un virage essentiellement numérique. Mme Plante a toutefois évoqué jeudi la possibilité d’un mode «hybride» cette année, si le contexte sanitaire le permet.

«On a beaucoup de grands espaces, beaucoup de grands parcs à Montréal. Donc, on veut le plus que possible accompagner [les festivals] avec une formule hybride.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

Quant à la tenue potentielle du Grand Prix de Formule 1, qui marque normalement le début de la période estivale, des discussions sont en cours entre Valérie Plante et le promoteur de l’événement, François Dumontier.

«On regarde les options. Mais je ne peux pas vous en dire plus à ce moment-ci, sinon un souhait, soit celui que le Grand Prix se produise en début ou en fin de saison, tout dépendant des possibilités», a déclaré Mme Plante.

L’an dernier, l’événement n’avait pu avoir lieu en raison de la pandémie.

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