Montréal
14:01 29 mars 2021 | mise à jour le: 29 mars 2021 à 17:20 temps de lecture: 4 minutes

Un incident raciste anti-asiatique filmé dans le métro

Un incident raciste anti-asiatique filmé dans le métro
Photo: Capture d'écranLa vidéo a été publiée sur Tik Tok, puis diffusée sur Twitter par Winston Chan.

Alors que les incidents anti-asiatiques seraient en hausse dans la métropole depuis le début de la pandémie, une vidéo d’un incident raciste envers une femme d’origine asiatique dans le métro de Montréal a été diffusée sur Twitter dimanche soir.

D’abord publiée sur le réseau social TikTok, la vidéo montre un homme masqué toucher et menacer la personne qui filme. «T’es une cr*ss d’asiatique», dit l’assaillant en évoquant une «troisième guerre» contre la Chine et le Japon.

«On va se battre contre vous autres les cr*ss de Chinois. F*ck chinese democracy! F*ck le Japon aussi, f*ck you», poursuit-il avant de faire le salut nazi.

On peut aussi voir l’homme imiter un fusil pointant vers la victime et un doigt d’honneur. Aucun passager du métro ne semble alors réagir.

Quelle est la part de responsabilité de la STM?

L’événement est présentement sous investigation par la Société de transport de Montréal (STM) qui a réagi sur Twitter en invitant la victime à porter plainte.

«Tous nos clients ont le droit d’être en sécurité lorsqu’ils se déplacent en bus et en métro et ce type d’incident est déplorable et inacceptable», a-t-on précisé.

Selon le directeur général du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), Fo Niemi, une part de responsabilité revient à la STM.

«Ayant été témoin de temps en temps de comportements et de propos haineux, hostiles et menaçants venant de personnes qui semblent avoir des problèmes de santé mentale et qui peuvent être des personnes itinérantes, dans le métro, on doit se demander comment la STM doit assurer une meilleure sécurité pour les usagers», déclare-t-il.

Fo Niemi encourage les autres passagers à agir avec discernement lorsqu’ils sont témoin d’un acte de violence physique et psychologique dans le transport en commun.

«Nous espérons que la personne harcelée et menacée dépose une plainte officielle avec la police (on est là pour l’aider à le faire)», ajoute-t-il.

Le racisme anti-asiatique en hausse

Au début du mois, La Presse rapportait que le nombre d’actes racistes et de crimes haineux à l’endroit de Québécois d’origine asiatique rapportés au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a quintuplé depuis le début de la pandémie.

Selon les données du corps policier, 3 crimes et 3 incidents haineux sont survenus à l’endroit des personnes d’origine asiatique en 2019.

Pour l’année 2020, les données font état de 22 crimes et 8 incidents haineux envers ce groupe. De ce total, 10 sont soupçonnés d’être liés au contexte de la pandémie de COVID-19, indique le SPVM.

Des organismes pressent donc le SPVM de bonifier ses ressources pour faire face à ce phénomène.

En 2016, le corps de police a créé une équipe spéciale sur les incidents et les crimes haineux. Celle-ci compte deux agents conseillers et deux sergents-détectives affectés exclusivement à répertorier ce type de crimes et à enquêter sur ceux-ci.

Or, lors d’un point de presse le 16 mars dernier, le CRARR avait exposé de nombreuses barrières systémiques auxquelles font face des victimes de crimes haineux.

En effet, le CRARR a analysé une quinzaine de cas de crimes et actes haineux qui se sont passés dans le Grand Montréal au cours des deux dernières années.

Les victimes rapportent notamment de longues attentes, une banalisation du crime haineux et un manque de soutien à travers tout le processus policier et judiciaire.

Il y a plus d’une semaine, des centaines de personnes ont marché à Montréal pour dénoncer l’augmentation du racisme anti-asiatique.

La responsable de la lutte au racisme et à la discrimination de l’histoire de la Ville de Montréal, Cathy Wong, n’avait toujours pas réagi au moment d’écrire ces lignes.

Articles similaires