Montréal

Attentat à la Mosquée de Québec: rassemblement à la mémoire des victimes à Montréal

Vigie tuerie mosquée de Québec
Quelques dizaines de personnes se sont rassemblées à Montréal pour commémorer le cinquième anniversaire de la tuerie survenue au Centre culturel islamique de Québec (CCIQ). le 29 janvier 2017. Photo: François Lemieux/journal Métro

Plusieurs dizaines de personnes ont bravé le froid à Montréal, samedi soir, afin de commémorer le cinquième anniversaire de l’attentat de la Grande Mosquée de Québec, lors duquel six personnes ont perdu la vie et 19 autres ont été blessées, le 29 janvier 2017. Les personnes présentes au rassemblement qui s’est déroulé à proximité de la station de métro du Parc, dans le quartier Parc-Extension, ont notamment observé une minute de silence pour les disparus.

La cérémonie était organisée par la «Semaine de découverte des musulmans» (SSM), en collaboration avec d’autres organismes dont le Réseau pour la paix, Voix juives indépendantes Canada et Non à la loi 21.

«L’attaque contre la Centre culturel islamique de Québec en 2017 et son impact sur notre société ne doivent pas être oubliés; nous devons traiter ses causes profondes de manière sérieuse », a déclaré Ehab Lotayef, cofondateur et ancien président de la SSM dans un communiqué émis avant le rassemblement.

Plusieurs personnes, dont certains politiciens de la région montréalaise, ont pris la parole pour dénoncer le racisme, l’intolérance et l’islamophobie, samedi soir.

Andrés Fontecilla, le député de Québec solidaire pour la circonscription de Laurier-Dorion, où se déroulait le rassemblement, a soutenu que quelque chose s’est brisé à la suite de l’attentat contre la Mosquée de Québec, le 29 janvier 2017.

«Il y a un Québec d’avant et un Québec d’après. Nous avons constaté avec effroi que notre peuple peut abriter aussi la haine qui conduit certains esprits dérangés à commettre des gestes irréparables. Néanmoins, il existe une fraternité qui dépasse les frontières linguistiques, culturelles et religieuses. Tous les jours, lorsque j’arpente les rues de Villeray et de Parc-Extension, je constate que la solidarité et la fraternité existent», a-t-il expliqué.

Des élus d’Ensemble Montréal, dont le chef intérimaire du parti, Aref Salem et la mairesse de l’arrondissement de Montréal-Nord, Christine Black ont aussi pris la parole. Dans son allocution, M. Salem a eu une pensée non seulement pour les morts et les blessés, mais aussi une pensée spécifique pour les 17 enfants qui sont devenus orphelins en raison de l’attentat contre la Mosquée de Québec, il y a cinq ans.

«À eux, j’aimerais envoyer un message d’espoir, pour leur dire qu’on va travailler encore beaucoup plus que ce qu’on est en train de faire aujourd’hui pour leur offrir un monde meilleur, beaucoup plus inclusif, qui va être à la hauteur de leurs attentes et où on va tous se sentir comme une seule communauté», a-t-il souligné.

De son côté, le président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Philippe-André Tessier, a réitéré, son soutien aux communautés musulmanes.

«L’islamophobie et les actes haineux n’ont pas leur place dans la société. C’est un bien triste anniversaire qui nous réunit ce soir, mais il est essentiel de le marquer, pour le condamner et pour s’assurer qu’une telle tragédie ne se reproduise pas», a-t-il lancé.

Rappelons que la Journée nationale de commémoration de l’attentat à la mosquée de Québec et d’action contre l’islamophobie était soulignée pour une première fois au pays, samedi.

Dans une déclaration écrite, le premier ministre canadien, Justin Trudeau a rappelé qu’en juillet dernier, le gouvernement fédéral a tenu le Sommet national sur l’islamophobie. 

Ottawa s’était alors engagé à soutenir des programmes de lutte contre le racisme qui visent l’islamophobie et la violence motivée par la haine. La stratégie du gouvernement fédéral pour éliminer le racisme systémique inclut notamment des investissements qui doivent entre autres permettre de favoriser des initiatives de littératie numérique et d’éducation citoyenne abordant la désinformation et le discours haineux.

Un Fonds national de soutien pour les victimes de crimes motivés par la haine afin d’aider les survivants doit également être créé.

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