Montréal

La pandémie a dégonflé Airbnb (et autres sites du genre)

Photo: Josie Desmarais/Métro

L’impact de l’hébergement touristique de type Airbnb sur le marché de l’habitation est bien plus important que ce qu’on a pu craindre jusqu’ici. Selon un nouveau rapport, il serait cinq fois plus important que les chiffres qui circulent depuis quelques semaines.

Dans un rapport dressant le portrait exhaustif de l’habitation dans le Grand Montréal, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) fait état de 9767 logements ou chambres retirés du marché locatif en 2021.

Convertir des logements résidentiels en logements touristiques dans une ville qui a des problèmes de logement […] ça empire la situation

Murray Cox, fondateur d’Inside Airbnb

Près du tiers des logements se trouveraient dans l’arrondissement Ville-Marie. Le Plateau-Mont-Royal suit avec plus de 20% des unités.

Ce chiffre est largement supérieur à ceux qui circulent depuis deux semaines, tirés du site Inside Airbnb. Ce site recense quant à lui 1257 logements entiers fréquemment loués et donc potentiellement retirés du marché locatif.

En plus d’appauvrir le marché locatif, ces annonces ne respecteraient pas la loi dans la grande majorité des cas. Depuis 2020, la Loi sur les établissements d’hébergement touristique exige que toute location de type Airbnb de moins de 31 jours possède une attestation de classification et un numéro d’établissement. Or, selon Inside Airbnb, près de 95% des annonces présentes sur Airbnb ne posséderaient pas d’attestation.

L’impact de la pandémie

En 2019, la CMM dénombrait plus de 22 500 logements retirés du marché de l’habitation à cause de sites d’hébergement touristique. C’est deux fois plus qu’actuellement. La situation est semblable du côté d’Inside Airbnb. Selon divers reportages diffusés en 2019, on dénombrait alors plus de 6000 logements montréalais potentiellement retirés du marché.

Cette diminution coïncide avec la mise en place de nouvelles réglementations pour l’hébergement touristique. Mais, selon David Wachsmuth, détenteur de la Chaire de recherche en gouvernance urbaine à l’Université McGill, ces règles n’ont pas eu d’impact majeur. C’est la pandémie qui explique cette diminution.

«Je dirais que l’essentiel de cette baisse est dû à la pandémie, dit-il. Je pense que ce que nous verrons cet été, avec le retour du tourisme et avec la réduction des restrictions par les villes, est le retour des locations à court terme au même niveau de 2019 ou même plus.»

«Je ne pense pas qu’il y ait des arguments selon lesquels le nombre diminue à cause de la réglementation parce que les gens ne semblent tout simplement pas s’en soucier», ajoute-t-il.

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