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Un jeu pour le dire

Marie-Luce Pelletier-Legros, Métro

YMCA Hochelaga-Maisonneuve. Quatre jeunes et un intervenant sont attablés autour d’un jeu. L’un lance le dé, avance son pion, et son voisin lui pose cette question : «Combien d’enfants sont devenus orphelins du sida dans le monde en 2004 : 12 000, 120 000 ou 12 millions?»

Ces jeunes jouent à Sexe sang tabous, de Brigitte Crevier, la directrice des programmes communautaires du YMCA Hochelaga-Maisonneuve. Ce jeu de société aborde peut-être le sujet sérieux des infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS) ainsi que du VIH-sida, mais les jeunes prennent plaisir à y participer puisqu’il répond à plusieurs de leurs interrogations.

«On parle de ces choses-là un peu à l’école, mais jamais je n’ai parlé de ça avec mes parents», dit un adolescent.

«En 2004, en tant qu’intervenante du YMCA, je suis allée dans une conférence internationale portant sur le VIH-sida. J’ai eu un choc! Malgré tous les moyens dont on dispose au Québec, j’ai découvert qu’on posait très peu de gestes de sensibilisation», raconte Mme Crevier.

Quatre ans de travail

En raison de son travail au YMCA, elle côtoie aussi plusieurs intervenants jeunesse qui lui disent ne pas vraiment avoir d’outils pour approcher les adolescents pour leur parler de ces questions.

L’idée d’un jeu lui trotte alors dans la tête. «Un jeu, c’est moins plate pour les jeunes, c’est moins moralisateur. Comme Sexe sang tabous se joue en présence d’un intervenant, ils peuvent lui poser des questions, parce que le jeu suscite beaucoup de questions. Ils entendent tellement de messages con­tradictoires sur le VIH et les ITSS. Le jeu initie les discussions parce que les jeunes sont un peu plus à l’aise dans ce contexte», affirme la créatrice du jeu.

À la recherche de subventions

Depuis son lancement, en janvier 2008, 85 jeux ont été distribués dans les Y de la métropole, dans quelques écoles et dans certains organismes qui travaillent auprès des jeunes.  

«J’aimerais pouvoir le faire traduire en anglais et en espagnol et mettre à jour les données du jeu qui datent de 2004-2005, mais le financement n’est pas au rendez-vous», confie celle qui a une formation en intervention en délinquance.

Et pas question de se tourner vers le gouvernement, car Ottawa a coupé pratiquement tous ses programmes de subvention pour la prévention du VIH. «Quand 40 % des Canadiens croient que le VIH-sida peut être guéri, on voit qu’il reste du travail à faire…» souligne Mme Crevier.

En 2004, 12 millions d’enfants sont devenus orphelins du sida. Leur nombre passerait à 18 millions en 2010, selon l’ONUSIDA.

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