Un an de lock-out chez Petro-Canada
Les 260 employés en lock-out de la raffinerie Petro-Canada de l’Est de Montréal ont souligné de bruyante façon hier le premier anniversaire du conflit de travail.
Des manifestations ont eu lieu devant certaines stations-service de la compagnie, les syndiqués, affiliés au Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP), appelant aussi au boycott de Petro-Canada depuis quelques semaines.
«Le moral est bon. Nous sommes déterminés à ne pas céder. C’est un conflit difficile qui laisse ses traces, mais la flamme demeure forte chez les employés», affirme le représentant de SCEP, Daniel Cloutier.
Il explique que les syndiqués ne laisseront pas tomber leur principale demande, qui porte sur le respect du règlement modèle négocié au Canada.
«Curieusement, cette demande a été accordée aux autres employés de Petro-Canada ailleurs au pays, mais pas à la raffinerie de Montréal», explique-t-il.
Les dernières offres patronales déposées à la fin de septembre ont été rejetées par les employés en lock-out dans une proportion de 96,5 %. Les négociations entre la direction de Petro-Canada et le syndicat sont au point mort depuis le 2 octobre.
Une coalition sans réel pouvoir
Parallèlement à cet anniversaire, des gens d’affaires de Montréal-Est, regroupés sous le nom de Coalition des 4 000 emplois Est de Montréal, ont pressé hier la direction de Petro-Canada et ses employés en lock-out de s’entendre avant le 15 décembre 2008.
D’après cette coalition, le lock-out retarde le début des travaux d’agrandissement de la raffinerie, un projet de 1 G$ qui créerait 4 000 emplois pendant sa construction et 400 emplois par la suite.
«Notre but n’est pas d’appuyer l’une ou l’autre partie dans le conflit, mais dans la situation économique actuelle, je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de projets de 1 G$ qui traînent sur la table au Québec», estime le président de cette coalition, Louis-Pierre Lafortune.
La crise économique pourrait aussi, selon lui, faire en sorte que Petro-Canada abandonne le projet. M. Lafortune souhaite rencontrer les deux parties afin de faire le point sur la situation. De son propre avis, la coalition n’a malheureusement aucun moyen de forcer les deux parties à s’asseoir avec elle. Elle dit faire appel à leur «sens commun».
La députée sortante de la circonscription de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger, trouve très louable l’idée de cette coalition, mais a indiqué qu’elle ne pouvait l’appuyer parce qu’elle était «directement impliquée dans le dossier».