L'avenir sourit aux audacieux
Le rendez-vous a lieu chez elle. Le bel appartement lumineux dans le quartier Outremont donne certains indices quant au parcours de Julie Dubé-Gagnon.
Une tête de bouddha en bronze sur une bibliothèque, un tableau africain accroché au mur, des journaux internationaux sur le comptoir de la cuisine et un bureau auquel on ne semble pas donner de répit. À 27 ans, cette étudiante en droit international travaille sans relâche devant une fenêtre ouverte sur le monde.
«Quand il y a quelque chose qui m’intrigue, je veux juste aller voir.» Et elle en a vu, des choses. L’étudiante a commencé par un baccalauréat en développement international et en sciences politiques à McGill. Elle a ensuite décidé de travailler pendant un an avant de poursuivre ses études en droit international, social et humanitaire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
Elle est aujourd’hui en troisième année. Julie a trouvé le domaine dans lequel elle souhaite Å“uvrer le plus tôt possible.
Le déclic
«J’ai eu le déclic à 17 ans, alors que je participais à un programme d’échange d’une année au Costa Rica. J’étais dans une famille d’accueil modeste. C’est ce qui m’a poussée à m’intéresser au développement des pays moins favorisés.»
Ensuite, les voyages se sont multipliés : séjour universitaire en Inde pendant quatre mois; quatre autres mois à Mexico au sein de la délégation générale du Québec; sept mois de coopération avec l’Agence canadienne de développement international au Guatemala; une expérience de quatre mois au Rwanda et au tribunal international de La Haye au sein de la commission présidentielle des droits de l’Homme…
Cette dernière expérience «a été déterminante dans le fait que j’aille étudier en droit».
Une aide de proximité.
Cependant, toutes ces expériences à l’international ne l’empêchent pas, quand elle est de retour à Montréal, de se rendre compte des besoins de certaines populations du Québec.
«Je siège au conseil d’administration d’un organisme communautaire à Côte-des-Neiges qui défend les droits des locataires. Nous donnons des informations juridiques à des gens à faibles revenus. Leurs conditions de logement rappellent parfois celles des pays que j’ai visités.»
L’été prochain, cette voyageuse invétérée souhaiterait poser ses valises au sein d’une communauté autochtone du Québec. «Chaque fois que je passe un moment avec mes amis, ils me demandent quelle sera ma prochaine destination.»
Et pour avoir le temps de partager quelques moments avec ses proches autour d’une table et d’un bon verre de vin, la Montréalaise a abandonné deux de ses activités parascolaires. «C’est très important pour mon équilibre.»
Comme elle est très ouverte d’esprit, il n’y a plus presque rien qui la choque. «J’aime prendre des risques. Je veux être dans l’action, je ne sais pas être passive.»
Dans 10 ans, Julie Dubé-Gagnon se voit associée à une cause. Mais laquelle? «Plus je fais des choses, plus je me rends compte qu’il m’en reste beaucoup à faire.»