Outremont: Le défi des libéraux, la chance du NPD
L’élection partielle de 2007 dans Outremont a eu l’effet d’une douche froide pour le Parti libéral. Avec l’élection de Thomas Mulcair, candidat du NPD, les libéraux ont perdu un de leurs principaux châteaux forts.
Un an plus tard, l’élection générale offre aux libéraux une deuxième chance de faire oublier le scandale des commandites et de calmer la grogne de leurs sympathisants. Mais la rédemption, si elle doit être obtenue, ne viendra pas sans prix.
«Il y a une bonne base libérale dans la circonscription, mais beaucoup de gens sont encore indécis, a remarqué le candidat du PLC, Sébastien Dhavernas. Certains me disent qu’ils vont voter selon leurs convictions, mais je leur dis de bien y penser.»
Constamment à la traîne du Parti conservateur dans les sondages publiés depuis le début de la campagne, le PLC semble aujourd’hui vouloir se présenter comme le parti qui pourra contrecarrer les plans de Stephen Harper.
«Il y a fort à parier que les libéraux se positionneront comme le seul parti capable d’empêcher les conservateurs d’être majoritaires, a indiqué Thomas Mulcair, candidat du NPD. Ils exploitent souvent cette tactique de la peur. Mais si on se rappelle bien, en deux ans et demi, le parti de Stéphane Dion a voté plus de 40 fois avec les conservateurs.»
Une campagne inégale?
Sur le terrain, la lutte est bien enclenchée entre le NPD et le Parti libéral. Selon le candidat du Parti vert, François Pilon, le NPD creuserait toutefois son avance.
«Du côté libéral, ça sent l’improvisation, a remarqué M. Pilon. À l’inverse, du côté du NPD, même s’il n’y a pas autant de gros canons que lors de l’élection partielle, ils ont sorti la grosse machine.»
Aux yeux de la candidate bloquiste, Marcela Valdivia, les jeux seraient cependant loin d’être faits.
«Les pointages que nous faisons varient beaucoup d’une semaine à l’autre. Les gens sont très divisés, a constaté l’avocate de formation, rencontrée pendant un bain de foule dans Côte-des-Neiges. C’est sûr qu’une partie de l’électorat est sensible à l’image médiatique, et Thomas Mulcair est partout dans les médias, mais selon moi, tout peut arriver à Outremont.»
Dans le clan du NPD, une confiance tranquille règne tout de même.
«On ne tient rien pour acquis, a précisé à quelques reprises Thomas Mulcair. Mais on espère que l’écart avec les libéraux sera encore plus important que lors de l’élection partielle.» Thomas Mulcair avait obtenu 47,5 % des voix en septembre 2007, contre 28,95 % pour le candidat libéral, Jocelyn Coulon.
Faire sortir le vote
À moins de deux semaines du scrutin, tous les partis s’entendent sur une chose : l’importance de rejoindre le plus de gens possible.
«Il faut voir comment intéresser les gens et les pousser à voter, a souligné Marcela Valdivia. À Côte-des-Neiges, plusieurs sont tellement occupés à survivre qu’ils ne savent même pas comment s’inscrire pour voter.»
Les candidats, dont le conservateur Lulzim Laloshi, qui n’a pas répondu aux questions de Métro, préférant se concentrer sur sa campagne, devraient ainsi être plus visibles que jamais d’ici le 14 octobre.