Aller où me mène la vie
Karine Tchana est débarquée au Québec en 2001 pour terminer ses études universitaires. «À l’époque, je pensais faire un doctorat, mais comme j’avais déjà une maîtrise, complétée en France, je me suis dit qu’une maîtrise ici, ce serait assez», dit-elle.
Sept ans plus tard, bien après avoir terminé sa maîtrise en développement de médicaments à l’Université de Montréal, elle dit «s’être tissé un cocon ici».
Et son cocon est fait de petites choses simples : un travail, des amis et surtout un loisir, le chant, qui relève plus de la passion.
Depuis deux ans et demi, elle fait partie de la Montreal Jubilation Gospel Choir. Après avoir d’abord vu l’ensemble en spectacle, elle s’était fixé comme but de l’intégrer, et ç’a fonctionné!
«Je n’avais jamais fait partie d’une chorale auparavant. Ça demande du talent et de la discipline, mais ça me fait beaucoup de bien. Comme je suis croyante, ça me réconforte de chanter Dieu et de me retrouver avec des gens qui aiment la musique autant que moi», explique la trentenaire d’origine camerounaise.
Avoir la bougeotte
La chorale a permis à Karine Tchana de visiter le Canada et, plus récemment, en novembre, la Hongrie. «Nous avons été invités à offrir un concert-bénéfice là-bas, et ce fût une très belle expérience. Comme nous partions tous ensemble dans un autre pays, ça nous a donné l’occasion de tisser de nouveaux liens», raconte-t-elle.
Ce voyage éclair a sûrement comblé celle qui a la bougeotte. «C’est vrai que je suis rarement chez moi. Comme toute ma famille habite encore en France et que j’ai des amis aux États-Unis, où j’ai résidé un an avant d’arriver ici, toutes les raisons sont bonnes pour aller les visiter», explique-t-elle.
Et même si sa vie de Québécoise la comble, elle ne ferme pas la porte à un éventuel retour en France. «C’est difficile à dire, si je vais rester ici ou non. Ce sont les occasions de la vie qui t’amènent à tel ou tel endroit. Mais je crois bien rester au Québec pour les cinq prochaines années… malgré la neige…»