Une chirurgie pour retrouver la vue
Des patients aveugles ou atteints de cécité cornéenne sévère peuvent désormais recouvrer la vue grâce à une chirurgie pratiquée au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), une première au Canada.
La Dre Mona Harissi-Dagher est la seule spécialiste au Canada à pouvoir greffer des cornées artificielles, appelées kératoprothèse Boston, à des patients dont la cornée est malade ou endommagée et pour qui les greffes conventionnelles ne sont pas envisageables.
«Pour la majorité des patients, une transplantation de cornée est efficace, a expliqué la Dre Harissi-Dagher. Mais pour plusieurs, une telle greffe ne peut être envisagée parce que leurs yeux sont trop malades ou parce que les bénéfices à long terme sont nuls.»
Approuvée depuis 1992 aux États-Unis, la kératoprothèse Boston a fait son entrée au CHUM en juillet. Depuis, 12 patients ont été opérés par la Dre Harissi-Dagher, qui a suivi une formation à Harvard auprès de l’inventeur de la kératoprothèse. Dans chacun des cas, l’intervention a été couronnée de succès.
Conditions du succès
L’implantation de la kératoprothèse Boston n’est cependant efficace que dans des cas particuliers. «Pour que la chirurgie fonctionne, la rétine et les autres structures de l’Å“il doivent être fonctionnelles, a précisé la Dre Harissi-Dagher. Il faut aussi greffer une cornée en santé.»
Le bonheur
Michel Jetté et Caroll Savard ont été opérés afin de recevoir la kératoprothèse Boston. Quelques semaines après l’intervention chirurgicale, les deux hommes sont toujours à court de mots pour décrire leur expérience.
«C’est merveilleux!» s’est exclamé M. Jetté, qui a perdu la vue à l’âge de deux ans à la suite d’une grave maladie et qui vient de la recouvrer, 60 ans plus tard.
M. Savard, qui avait perdu la vue en 1981 et qui vient de la retrouver, souligne que «ce sont des personnes persévérantes, qui ont amélioré la technologie et qui ont fait en sorte que je puisse voir».