Les graffitis, un business florissant
Cette année, 6,1 M$ de fonds publics seront dépensés pour éliminer les graffitis à Montréal… soit l’équivalent du prix d’achat de 13 autobus de la STM. Mais au-delà de ce chiffre, la guerre aux graffitis crée aussi des emplois. Suivez le guide.
Chaque jour, Michel Jacob parcourt à pied une quinzaine de kilomètres à la recherche de graffitis à enlever. Il est «repéreur» pour le compte de la Corporation de développement urbain du Faubourg Saint-Laurent. Quotidiennement, il prend environ 70 photos de graffitis ou de tags dans le périmètre des rues Atwater, Frontenac, Sherbrooke et du Fleuve.
Ses photos vont dans un rapport que doit signer le propriétaire de l’édifice tagué. Selon la surface, on fait ensuite appel au nettoyage chimique ou au masquage-peinture. Ces contrats offerts par la Ville à des contacteurs privés coûtent cher.
Chers à effacer
Le tag éliminé, hier, par le maire Tremblay n’a nécessité environ qu’une demi-bonbonne de peinture (5 $) au tagueur, mais coûtera près de 170 $ à effacer (6 $ le m2). «Dès la fin de semaine prochaine, un nouveau réapparaîtra», prédit M. Chow, qui possède le restaurant juste à côté.
Pour tenter d’endiguer le phénomène, la Ville compte à la fois sur la prévention, en commandant de grandes murales à des groupes de jeunes graffiteurs, mais aussi sur la répression. «Chaque année, on arrête une centaine de contrevenants», indique Alain Simoneau, commandant du Poste de quartier 21.
Le SPVM dispose même d’une employée qui analyse à temps plein les différents graffitis pour tenter de dresser le pattern des graffiteurs illégaux. Récemment, ils ont pincé Earnie, un graffiteur bien connu de Toronto, mais n’ont pas encore résolu l’énigme posée par Pacer et 3-7-4. S’ils se font pincer, ceux-ci risquent jusqu’à 1 000 $ d’amende.