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Les familles relogées crient à l'aide

Les familles qui ont dû être relogées en attendant la reconstruction des logements des Places L’Acadie et Henri-Bourassa, aux prises avec des problèmes chroni­ques d’insalubrité, ont réclamé aujourd’hui une aide financière accrue de la Ville de Montréal.

Le Conseil local des intervenants communautaires (CLIC) de Bordeaux-Cartier­ville, qui a accompagné les quelque 200 familles relogées, a même reçu l’appui de l’Office de consultation pu­blique de Montréal (OCPM).

Dans son rapport, rendu public aujourd’hui, l’OCPM recommande à la Ville d’indemniser les familles qui ont vu leur loyer augmenter à la suite de leur relocalisation.

«Les ménages ne devraient pas être pénalisés par la démarche adoptée par la Ville pour régler le problème d’insalubrité, peut-on lire dans le rapport. Pour éviter qu’ils ne s’appauvrissent davantage à cause du processus de relogement, la commission re­com­mande à la Ville de leur verser une indemnité couvrant la différence de loyer induite par le relogement, jusqu’à leur retour.»

Selon le CLIC Bordeaux-Car­tierville, le coût moyen que devra assumer chaque famille pour sa relocalisation variera de 2 932 $ à 4 437 $, selon la durée des travaux.

Premier pas franchi
À la Ville de Montréal, on assure être préoccupé par les difficultés que rencontrent les familles relogées.

Vingt familles participent déjà au programme de Supplément au loyer, qui leur permet de limiter à 25 % de leurs revenus le coût de leur loyer, la balance étant assurée par le gouvernement du Québec. Une vingtaine d’autres familles devraient profiter sous peu du programme.

«C’est un premier pas pour aider les familles qui ont les plus faibles revenus, a indiqué Denis Quirion, directeur de la Direction de l’habitation de la Ville de Montréal. Pour les autres, nous verrons au cas par cas ce que nous pouvons faire.»

La Société d’habitation et de développement de Mont­réal (SHDM) a déjà investi 600 000 $ dans l’opération de relogement de 165 ménages qui habitaient sur le site. Une indemnité équivalant à trois mois de loyer ainsi qu’une indemnité pour le déménagement ont ainsi déjà été versées aux anciens locataires des Places L’Acadie et Henri-Bourassa.

Trop peu de lutte à la pauvreté

  • Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), qui a fait face, hier à Montréal, à un comité permanent de la Chambre des Communes concernant la lutte contre la pauvreté, accuse le gouvernement fédéral d’avoir privé le Québec de 54 300 logements sociaux en 16 ans et de ne pas avoir respecté ses engagements internationaux en matière de droits humains.
  • Pour éviter que les familles défavorisées ne fassent les frais de la crise économique, le FRAPRU propose une augmentation du financement des program­mes sociaux, l’injection de 2M$ par année dans des logements sociaux, le maintien de l’aide financière aux locataires et l’accroissement de l’aide aux sans-abri.
    (Josée-Raphaële Brodeur)

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