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Lionel Perez en croisade contre l’insalubrité

Photo: Yves Provencher/Métro

Depuis qu’il a pris le relais de Michael Applebaum pour devenir le nouveau maire de l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG), Lionel Perez a décidé de faire de l’insalubrité sa priorité. La semaine prochaine, son administration annoncera de nouvelles mesures pour lutter contre cette problématique. En entrevue avec Métro, il a accepté de dévoiler les grandes lignes du programme et de faire le point sur son mandat.

Dès votre arrivée à la tête de la mairie, en novembre 2012, vous avez demandé un rapport détaillé sur la situation des logements insalubres. Qu’avez-vous pu constater?
J’ai pris conscience que la majorité des bâtiments de l’arrondissement avaient été construits dans les années 1950 et 1960. Il y a eu de nombreux cas de mauvais entretien, provoquant l’afflux de moisissure, de vermine et d’autres signes qu’un logement n’est pas habitable. Le rapport a aussi permis de comprendre qu’il ne suffit pas d’augmenter le nombre d’inspections pour éradiquer le problème. Il faut faire de l’inspection préventive. D’ailleurs, nous embaucherons un nouvel inspecteur qui se consacrera uniquement à cette tâche; il sera épaulé par les six autres inspecteurs de l’équipe.

Quelles sont les autres stratégies?
Nous misons sur une meilleure coordination avec la Direction de la santé publique, qui est le seul organe à avoir l’autorité de déclarer un logement insalubre. Le but est d’augmenter la vitesse de réaction. Nous avons déjà mis en place un règlement d’arrondissement qui permet de faire un suivi plus rapide lorsqu’une première inspection a eu lieu. Le propriétaire doit informer l’arrondissement des corrections apportées à l’intérieur de 30 jours, chose qu’il n’avait pas à faire auparavant. C’est un pas dans la bonne direction, mais nous comptons diminuer encore plus les délais de traitement.

Les locataires ont-ils aussi un rôle à jouer?
Tout à fait. Il faut accentuer l’éducation auprès du public. CDN-NDG est composé à 47 % d’immigrants. Certains nouveaux arrivants ne savent pas qu’ils ont le droit de porter plainte, ou encore ignorent les démarches à suivre. Parmi nos nouvelles mesures, nous offrirons des documents plus simples à comprendre, appuyés par des pictogrammes. Quant aux avis d’inspection, ils seront offerts en français et en anglais, mais aussi dans la langue de certains groupes, dont l’espagnol, le roumain et le mandarin. Nous maximisons les chances de sensibilisation en tenant compte de la réalité immigrante de notre arrondissement.

Mise à part la lutte contre l’insalubrité, quels sont vos défis en tant que maire?
Un élément qui me tient à cœur est de rétablir la confiance entre les élus et les résidants de l’arrondissement. Celle-ci s’est effilochée depuis le début des audiences de la Commission Charbonneau, alors que tous les directeurs de la Ville qui ont témoigné jusqu’à présent ont pris leur retraite en 2008 ou en 2009. Pour faire preuve de transparence, notre arrondissement est devenu le deuxième, après le Plateau-Mont-Royal, à webdiffuser les séances des conseils, en plus de rendre accessible par l’nternet toute la documentation remise aux élus.

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Après trois ans comme conseiller municipal au district Darlington pour Union Montréal, vous êtes parti afin d’agir comme maire indépendant dans une coalition. Aimez-vous l’expérience?
Je l’apprécie sincèrement. Les citoyens ne veulent plus entendre de discours partisans, ils veulent des résultats concrets et c’est ce que la coalition permet de faire. Il y a un esprit de collégialité et un souci d’efficacité qui règnent entre les élus des différents partis. Peu importe ce que l’avenir politique nous réserve, j’espère que les élections, cet automne, permettront de mettre sur pied une coalition, pour le meilleur intérêt des Montréalais.

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