Guerre de mots entre Gérald Tremblay et Louise Harel
Le maire sortant, Gérald Tremblay, et la chef de Vision Montréal, Louise Harel, se sont affrontés ce matin, sur les ondes de LCN, dans un premier débat qui a pris des allures de guerre de mots.
Vivement attaqué sur les questions de l’éthique, M. Tremblay s’est bien tiré d’affaires dans les autres dossiers, qui concernaient notamment le développement économique, le transport en commun et les services publics.
Louise Harel, malgré un style offensif, a pour sa part peiné à mettre de l’avant des idées concrètes pour «redémarrer Montréal», comme le promet son slogan.
L’éthique en tête
Le premier thème abordé lors de ce face-à-face, l’éthique, n’avait rien pour avantager Gérald Tremblay, qui a reçu lundi soir un rapport accablant du vérificateur général sur le contrat des compteurs d’eau. Le sujet a d’ailleurs servi de base aux attaques de Louise Harel.
Le maire a admis d’emblée que «ce qui s’est passé n’est pas normal», mais a répété qu’il avait agi dès qu’il a été mis au courant des anomalies qui entouraient le dossier. «Le maire réagit toujours quand il est trop tard et qu’il n’a plus d’autres choix, a répliqué Mme Harel. Le premier magistrat de la Ville aurait dû être au courant des détails du contrat des compteurs d’eau. Il a préféré remettre les clefs de la ville au secteur privé.»
Ces propos ont fait réagir le maire qui a rappelé que le contrat avait été approuvé «à l’unanimité par le conseil de ville», sur lequel siègent aussi les élus de Vision Montréal.
Tremblay contre-attaque
Nullement déstabilisé par l’offensive de Louise Harel, Gérald Tremblay est passé à l’attaque dès le deuxième bloc, dédié au transport en commun. Il ne s’est jamais essoufflé par la suite.
Démontrant une bonne maîtrise des dossiers de la Ville, le maire sortant a mis en lumière les centaines de millions de dollars investis dans les infrastructures de la ville et dans le transport en commun, deux secteurs que l’administration de Pierre Bourque, alors à la tête de Vision Montréal, avait «laissé pour compte» selon lui.
M. Tremblay a aussi régulièrement remis en question des décisions prises par Louise Harel lorsqu’elle était ministre des Affaires municipales. Mme Harel a même dû se défendre d’être acoquinée avec les cols bleus après avoir été aperçue au conseil municipal de lundi en compagnie du président de leur syndicat, Michel Parent.
Louise Harel a bien tenté de renverser la vapeur, mais certaines approximations, dans les dossiers du déneigement, du transport en commun et des services publics par exemple, lui ont fait mal.
Les deux candidats à la mairie croiseront à nouveau le fer le 19 octobre, lors d’un débat diffusé sur les ondes de Radio-Canada et de RDI. Cette fois, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, sera aussi de la partie.
Les idées
Gérald Tremblay et Louise Harel ont été invités à se prononcer sur les projets qu’ils entendaient réaliser advenant leur élection le 1er novembre. Voici, en rafale, ce qui a été proposé.
Gérald Tremblay
- Transport en commun : aménagement d’une voie réservée sur Pie-IX, prolongement du métro, mise en service du tramway
- Services publics : collecte de matières putrescibles, guerre aux nids-de-poule
- Développement économique : Quartier des spectacles, incluant le 2-22 Sainte-Catherine et l’édicule du métro Saint-Laurent, réaménagement de l’autoroute Bonaventure, transformation du secteur des Muséums nature, Griffintown, gare de triage Outremont
Louise Harel
- Transport en commun : 20 nouvelles voies réservées
- Services publics : coordination du déneigement, centralisation du service d’urbanisme
- Développement économique : Exposition universelle de 2020