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Abe Limonchik: Amitié, intégrité, solidarité

Marie-Luce Pelletier-Legros - Méro

«Champion of democracy dies», titrait The Gazette le 28 août 2002. À 70 ans, Abe Limonchik, surnommé Monsieur Démo­cratie, conseiller du district de Côte-des-Neiges pendant près de 15 ans, venait de perdre sa bataille contre le cancer.

Peu connu du grand public, «il aura [cependant] lutté toute sa vie pour des lois qui reconnaissent les mêmes droits à tout le monde», dira le candidat dans le district de Snowdon, Marvin Rotrand, lors de son décès.

C’est notamment lui qui a permis l’adoption de la politique d’embauche des minorités visibles à la Société de transport de Montréal, en plus de militer pour la gratuité des transports en commun. Il est aussi l’un des inspirateurs de la création du poste d’ombudsman à la Ville de Montréal. Sept ans après sa mort, la Ville honore sa mémoire en créant le Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik (voir encadré).   

Un humaniste passionné

Fils d’immigrants juifs ukrainiens, Abe Limonchik a gran­di sur la Main en anglais. Attaché à sa ville comme d’autres le sont à leur pays, il a consacré 40 ans de sa vie à la politique municipale. Voulant mettre fin au règne autoritaire de Jean Drapeau, il jettera les bases du Rassemblement des citoyens et citoyennes de Montréal (RCM), en 1974. Il sera conseiller dans le district de Côte-des-Neiges de 1982 à 1984 et de 1986 à 1994, tout en menant de front sa carrière de chimiste et en élevant en français ses deux filles, Vanessa et la comédienne Macha, avec sa femme, Lise Roy-Limonchik.

«C’était un homme de culture qui adorait la poésie, la musique, les livres. On pouvait débattre aussi pendant des heures et des heures… avoir le dernier mot avec lui était impossible. Il appuyait tous ses dires par des faits, il consacrait un temps énorme à la recherche de statistiques, son côté scientifique oblige, pour mener ses batailles», se rappelle l’ancienne mairesse du Plateau-Mont-Royal, Helen Fotopulos, pour qui Abe Limonchik était plus qu’un mentor. Ce dernier l’a accompagnée dès ses débuts en politique, en 1978, mais il est aussi devenu un membre de sa famille. «Je me souviens que c’est lui qui a insisté pour que ma fille apprenne à patiner. Il l’a amenée sur la montagne, et c’est lui qui lui a appris», raconte-t-elle.

La militante et ancienne vice-présidente du RCM, son amie Kathleen Verdon, soutient que M. Limonchik était un «homme d’idées et de convictions, très attaché à Montréal.» «Il avait des positions à prendre et savait les prendre. C’était un homme debout dans toutes circonstances. Ses politiques étaient basées sur la solidarité et, pour lui, le partage des idées allait de soi, estime-t-elle. Il avait choisi Montréal pour son sujet, car la scène municipale lui permettait d’être très proche des citoyens. Pour lui, les relations humaines étaient le noyau central du développement de la ville.»

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