Montréal

En attendant les bus 100% électriques

Vers 2025, la Société de transport de Montréal (STM) veut mettre en service des autobus rechargeables 100 % électriques pour préserver l’environnement.

Cepen­dant, comme la technologie n’est pas encore prête, la STM doit envisager des solutions de transition. La veille technologique, c’est justement l’une des tâches de François Chamberland, directeur de l’ingénierie à la STM, et de son équipe. «Il y a toutes sortes de technologies disponibles, dit-il. À la limite, on pourrait presque faire un carburant à base de pelures de banane. Mais lesquelles sont les plus viables?» Incursion dans le futur.    

Le trolleybus
Aucun projet à grande échelle n’est prévu, «mais on examine les possibilités de projets spécifiques, comme sur les boulevards Pie-IX ou Saint-Michel», admet François Chamberland. À cause des coûts liés à l’installation et à l’entretien des équipements fixes, le trolleybus n’est rentable par rapport à l’autobus classique que sur des lignes très occupées, d’où l’idée des mégatrolleys sur les trajets les plus achalandés. Au-delà d’un certain seuil, c’est le tramway qui devient le plus avantageux. Par la suite, c’est le métro.

L’autobus hybride
Depuis avril 2008, la STM utilise 8 autobus disposant d’un moteur diesel classique, mais aussi d’un moteur électrique relié à des batteries sur le toit. Ces dernières se rechargent grâce à la récupération de l’énergie du freinage. Économie de carburant pour un autobus qui roule en moyenne à 18 km/h (ex : rue Sainte-Catherine) : 30 %. Sur un an, c’est environ 8 000 litres de diesel par autobus qui sont économisés. L’hybridation coûte actuellement 200 000 $ l’unité. «Si on bénéficiait de l’aide gouvernementale, on pourrait l’installer sur les nouveaux autobus articulés», indique M. Chamberland.

Les Mini et Midi Bus
Aucun modèle de ces bus de 6 m à 9 m (au lieu de 12) n’est fabriqué au Canada. Pourtant, ils pourraient s’avérer très utiles, selon la STM, sur les lignes peu fréquentées, les rues étroites ou pour le transport adapté. Québec utilise dans la vieille ville des minibus qui fonctionnent à l’électricité. Ils ont une autonomie affichée de 80 km, mais celle-ci n’est effective que quand ils roulent à vide, sur le plat et l’été. «Il faut toujours comparer les données des constructeurs avec la réalité. Voilà pourquoi la STM participe à des comités internationaux avec d’autres sociétés de transport qui peuvent avoir déjà testé la technologie qui nous intéresse.»

À méditer
Une voie réservée permet d’accélérer la cadence. Or, 3 km/h de gagnés, entraînent une diminution des émissions polluantes de moitié, selon une étude de l’Union internationale des
transports publics (UITP) corroborée par les analyses de la STM. À
impact environnemental égal, une voie réservée est actuellement
beaucoup moins chère qu’un autobus à carburant alternatif (électricité,
hydrogène, propane). Pourtant, Montréal compte aujourd’hui moins de
100 km de voies réservées aux autobus. Son objectif est d’en avoir sur 350 km d’ici 2014.

La mécanique
Moins prestigieuses que les gros investissements, certaines mesures de la STM donnent des résultats tout aussi efficaces. Former les chauffeurs à la conduite écolo (sans à-coups) permet d’économiser de 2 à 3 % des 45 millions de litres de carburant consommés chaque année. Une pression adéquate des pneus ajoute un autre 2 %. L’optimisation de la programmation d’une transmission électronique (1 000 $ par autobus) permet de gagner encore 15 %, de même que le remplacement des ventilateurs hydrauliques du radiateur par des ventilateurs électriques (50 000 $ par autobus).

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