Les Noirs toujours victimes de discriminations
Les inégalités dont souffre la communauté noire de Montréal persistent. Une étude publiée jeudi et dirigée par le professeur de l’École de service social de l’Université McGill James Torczyner a démontré que le chômage, la pauvreté et la discrimination touchent davantage les Noirs que le reste de la population.
«Même s’il y a eu des progrès depuis 1996, la situation des Noirs est toujours moins bonne que celle des gens qui ne sont pas Noirs, selon les indicateurs de succès», a affirmé jeudi le professeur Torczyner, à l’occasion d’une conférence du Consortium de formation sur la défense des droits humains de Montréal. Pour arriver à ce constat, l’équipe de chercheurs de McGill a épluché les résultats du dernier recensement qui date de 2006.
Ainsi, la communauté noire de Montréal gagne en moyenne 22 000 $ par année, contre 38 000 $ pour le reste de la population. Et les diplômes ne changent rien à cet écart salarial selon l’étude. La rémunération des Noirs détenant un diplôme universitaire de second cycle atteint 37 000 $, alors que les gens qui ne sont pas Noirs qui ont le même formation obtiennent des gages s’élevant en moyenne à 65 000 $.
Qui plus est, environ un enfant sur quatre de la communauté noire fait partie d’une famille monoparentale menée dans la majorité des cas par une femme. Près de la moitié des enfants noirs âgés de moins de 15 ans vivent sous le seuil de la pauvreté. Par conséquent, les Noirs montréalais sont moins nombreux à devenir propriétaires de leur logement que les autres citoyens.
Seulement 37 % d’entre eux y arrivent, soit près de la moitié moins que le reste de la population qui est propriétaire (63%). «Des facteurs démographiques peuvent expliquer en partie la situation de la communauté noire, comme le nombre élevé d’enfants et de familles monoparentales», a dit le professeur Torczyner, ajoutant du même souffle que les Noirs sont victimes d’inégalités persistantes et généralisées.
Des efforts d’inclusion réclamés
Le conseiller municipal Frantz Benjamin explique à ces données «dramatiques» par la discrimination systémique qui perdure. «Ce n’est pas vrai que tout le monde est égal, a-t-il dit. Malheureusement, il y a des gens qui, pour toutes sortes de raisons, connaissent des difficultés. Une fois que nos institutions s’en rendront compte, on pourra prendre des mesures qui répondront correctement et convenablement aux besoins de la communauté.
D’après M. Benjamin, toutes les sphères de la société – municipale, sociale, économique et communautaire – doivent être sensibilisées aux difficultés de la communauté noire. «Il doit y avoir davantage d’efforts d’inclusion et de représentation des compétences de la communauté noire», a-t-il renchéri.