Consultation publique sur le profilage racial: À la recherche d'une solution
Montréal accueillera, à compter du 26 mai, une consultation publique ayant pour thème le profilage racial. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), qui pilotera les audiences, espère parvenir à identifier des pistes de solution pour mettre un terme aux problèmes de profilage, qui sont encore très présents dans la métropole.
Cet automne, la CDPDJ a recueilli 150 témoignages de jeunes âgés de 14 à 25 ans, de parents, d’intervenants, d’experts et de représentants de groupes communautaires. La conclusion qu’elle a tirée n’est pas réjouissante. «La situation est inquiétante, a admis Gaétan Cousineau, président de la CDPDJ. Nous devons prendre conscience que le phénomène du profilage racial existe et que ses conséquences sont sérieuses. Nous devons voir comment nos préjugés peuvent influencer nos intentions et nos actions. La situation n’est peut-être pas pire qu’ailleurs, mais les défis sont importants.»
Selon M. Cousineau, cette prise de conscience est d’autant plus importante que le paysage canadien est promis à d’importants changements au cours des deux prochaines décennies. Selon les prévisions de Statistique Canada, 46 % de la population canadienne fera partie d’une minorité visible d’ici 2031.
Police et profilage
La relation entre les minorités visibles et certains policiers semble particulièrement problématique. La majorité des témoignages recueillis par la Commission concerne des contacts entre les forces de l’ordre et les jeunes issus des minorités visibles. «La police n’a pas tous les torts, a rappelé Gaétan Cousineau. Le Service de police de Montréal offre des formations à ses policiers, et la Commission fait affaire avec lui. Mais dans ce cas, comme dans d’autres, il faudra certainement aller plus loin que la formation.»