La rectrice de McGill veut doubler les droits de scolarité
La rectrice de l’Université McGill, Heather Munroe-Blum, propose de plus que doubler les droits de scolarité afin de rendre plus «équitable» l’accessibilité aux études supérieures. «Il faut augmenter les droits de scolarité au niveau de la moyenne canadienne tout en réinvestissant dans l’aide financière», a-t-elle déclaré hier devant le Cercle canadien de Montréal.
Si sa suggestion est retenue par Québec, il en coûterait 5 000 $ par année en droits de scolarité aux étudiants québécois pour fréquenter les universités de la Belle Province contre environ 1 700 $ actuellement. Cette hausse serait accompagnée d’un programme de prêts et bourses qui assurerait un équilibre des chances entre les étudiants les plus riches et les plus pauvres. Selon la vice-chancelière et rectrice mcgilloise, ce sont des raisons d’ordre social et culturel qui empêchent les moins bien nantis d’accéder aux bancs des universités.
«Actuellement, presque tout le monde paie le même montant en droits de scolarité, a-t-elle expliqué. Peu importe le revenu familial. Ainsi, les impôts des plus démunis servent à subventionner les enfants des plus riches. Peut-on parler d’équité?» De fait, le nombre de femmes ayant en main un diplôme universitaire a crû de 20 % au Québec de 1987 à 2007, ce qui représente la plus petite augmentation au Canada, a rapporté Mme Munroe-Blum.
«La Nouvelle-Écosse a le plus haut taux de diplomation universitaire, bien que les droits de scolarité y soient les plus élevés», a-t-elle ajouté. La hausse des droits de scolarité résoudrait en partie le problème de sous-financement des universités. Selon la rectrice de l’Université McGill, c’est l’avenir de la société québécoise qui est en jeu.
MBA à 30 000 $
Scolarité. Bien que la ministre Michelle Courchesne ait menacé l’Université McGill de sanctions, cette dernière entend toujours percevoir des droits de scolarité de 30 000 $ pour son programme de MBA dès septembre prochain. «Nous n’avons toujours pas reçu de sanctions», a précisé la rectrice Heather Munroe-Blum, qui a ajouté que l’université qu’elle dirige devait avoir le courage d’aller de l’avant. Selon elle, plusieurs étudiants se sont déjà inscrits au programme.