Les condos se multiplient à Montréal
Le nombre de mises en chantier de copropriétés a plus que doublé sur l’île de Montréal en juillet dernier, comparativement à la même période l’année dernière. La construction de logements locatifs, qui a semblé subir les contrecoups de cette explosion, a enregistré une baisse de 44 %.
Ces statistiques, tirées des plus récentes données compilées par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), publiées mardi, semblent s’inscrire dans une tendance déjà bien ancrée dans la métropole. «Sur l’île de Montréal, les copropriétés sont devenues les produits dominants, note David L’Heureux, analyste principal de marché à la SCHL. Je pense que c’est une tendance qui va se poursuivre.»
M. L’Heureux explique l’attrait des condos par leurs prix, plus abordables que ceux des maisons unifamiliales, par la valeur des terrains à Montréal, que les promoteurs rentabilisent en construisant plusieurs logements, et par les critères de densification de la Ville de Montréal. «On ne voit pas beaucoup de construction de maisons individuelles sur l’île de Montréal en ce moment, et je ne pense pas qu’on va en voir beaucoup au cours des prochaines années, indique-t-il. On observe depuis plusieurs années un déplacement de la maison individuelle vers les banlieues.»
Les logements locatifs ont aussi fait les frais du marché enflammé de la copropriété, qui a vu naître 731 chantiers le mois dernier, contre 294 en 2009. Ainsi, en juillet 2010, seules 43 mises en chantier ont été répertoriées dans le marché locatif. En 2009, il y en avait pourtant eu 98. «De façon générale, les logements locatifs sont beaucoup moins présents en termes de parts de marché, confirme David L’Heureux. Ces logements sont de plus en plus remplacés par des copropriétés. Les mises en chantier qui demeurent concernent souvent des logements locatifs pour personnes âgées.»
Le nombre de mises en chantier sur l’île de Montréal a grimpé de 89 % en juillet 2010, par rapport à juillet 2009. Depuis le début de l’année, l’augmentation s’est établie à 52 % comparativement à la même période en 2009. La SCHL s’attend à ce que le rythme des mises en chantier s’essouffle au cours des prochains mois et que l’année se termine sur une hausse de 6 %.