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Planétarium de Montréal: Entre indécision et incertitude

Métro présente le dernier de cinq reportages sur les sites menacés de Montréal. Aujourd’hui : le Planétarium de Montréal. Le Planétarium de Montréal doit rejoindre, en 2012, les autres Muséums nature dans le secteur du Parc olympique. En attendant, l’avenir de l’édifice de la rue Peel n’est toujours pas assuré.

Inauguré le 1er avril 1966, à l’aube de l’Exposition universelle, le Planétarium de Montréal a été le premier planétarium public du Canada. Quarante-quatre ans plus tard, l’institution s’apprête à rejoindre les autres Muséums nature dans le secteur du Parc olympique, et son édifice tente de se trouver une nouvelle vocation.

Prévu en 2012, le déménagement du Planétarium risque de créer un vide sur la rue Peel. Pour le moment, aucune décision n’a été prise sur l’avenir de l’édifice, mais selon Héritage Montréal, le danger est bien réel. « L’idée qui circule en ce moment, c’est que la Ville vende le terrain pour faire de l’argent, indique le directeur des programmes chez Héritage Montréal, Dinu Bumbaru. Pourtant, le Planétarium pourrait avoir un rôle à jouer dans la reconfiguration urbaine du secteur. Il pourrait être plus qu’un terrain pour construire des condos.»

M. Bumbaru estime que la Ville de Montréal, qui est le maître d’Å“uvre du projet de relocalisation du Planétarium, ferait une grave erreur si elle choisissait de se départir de l’édifice. «Le Planétarium est situé dans un endroit clé, explique-t-il. Toutes les anciennes brasseries sont là. C’est un secteur qui a beaucoup de mémoire, beaucoup de patrimoine. C’est un carrefour entre la ville historique et la ville futuriste, la ville à venir.»

N’ayant pas obtenu de réponses de la Ville ou des Muséums nature quant au sort réservé au Planétarium, Héritage Montréal a entrepris de sensibiliser leurs responsables à la nécessité de préserver et d’utiliser l’endroit. La Ville de Montréal semble avoir entendu l’appel et a décidé de former un comité chargé d’étudier ce qui pourrait être fait avec le Planétarium, et qui pourrait l’occuper.

«Pour le moment, il n’y a aucune proposition sur la table, précise la directrice du Bureau du patrimoine de Montréal, Céline Topp. Nous avons encore beaucoup de temps devant nous.» Karine Jalbert, responsable des communications aux Muséums nature, ajoute qu’aucun échéancier n’a été fixé pour une éventuelle prise de décision sur le sujet.

Un édifice futuriste
L’architecture du Planétarium est en grande partie responsable de son attrait, estime Dinu Bumbaru. «L’édifice est conçu comme un vaisseau de Star Wars, illustre-t-il. Grâce à un jeu de volumes et des modules qui surgissent des façades, il semble être décollé du sol. Ça lui donne une allure futuriste.»

La salle sphérique, qui est visible de l’extérieur grâce à la forme tronquée du toit, demeure, selon Héritage Montréal, l’élément le plus intéressant du lieu. Cette salle, qui peut accueillir quelque 375 personnes, est unique dans la métropole. Dinu Bumbaru croit que des artistes pourraient utiliser cette salle à bon escient. Déjà, la Ligue nationale d’improvisation (LNI) avait fait connaître son intérêt pour le lieu. Aucune entente avec la Ville n’a toutefois été conclue depuis.

«L’intérêt de la LNI prouve que les gens voient du potentiel là où d’autres ne voient qu’un terrain où construire des condos, résume M. Bumbaru. Il y a assez d’artistes, notamment en arts visuels, pour que nous trouvions une façon de garder le Planétarium et de l’intégrer au réseau d’équipements culturels.»

Le nouveau Planétarium

  • Le nouveau Planétarium devrait ouvrir en 2012.
  • Il sera voisin du Biodôme, dans le Parc olympique.
  • Il coûtera aux trois paliers de gouvernement quelque 29 M$. Rio Tinto Alcan ajoutera 4 M$ au total. Le Planétarium de la rue Peel avait coûté 1,2 M$ à construire.
  • D’une superficie de près de 8 000 m2, le nouveau Planétarium comprendra deux théâtres des étoiles, une salle d’exposition, un auditorium et quatre salles d’animation.
  • Il respectera les normes les plus élevées en matière de construction écologique, soit LEED Platine.
  • Il contribuera à réduire la présence du béton dans le Parc olympique grâce à un toit végétalisé.

Pour plus d’information ou pour connaître d’autres sites menacés à Montréal :
www.heritagemontreal.org

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