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La Plaza St-Hubert: Entre kitsch et cool

Une institution montréalaise fête ses 50 ans cet été. Sous la marquise de la rue Saint-Hubert, nombreux sont les gens qui défilent devant les boutiques éclectiques de l’artère commerciale. Bienvenue sur la Plaza St-Hubert.

C’est vendredi après-midi et le soleil plombe sur la Plaza St-Hubert où afflue une foule de citadins affairés à magasiner, mais surtout à flairer les bonnes aubaines. «C’est vraiment chouette la Plaza parce qu’on y trouve de tout pour vraiment pas cher. Avec 50 $, on peut repartir avec plusieurs articles intéressants», affirme Manuela, qui fait un peu de lèche-vitrine avec ses deux copines, Gisela et Irene. Bijoux, vêtements, produits de beauté, souliers, livres, DVD, CD, nourriture, bidules électroniques, meubles, objets décoratifs : on trouve de tout sur la Plaza St-Hubert, qui célèbre ses 50 ans cette année!

Située entre les rues Bellechasse et Jean-Talon, la Plaza est considérée par plusieurs Montréalais comme l’une des artères les plus conviviales de la métropole. En plus de sa panoplie de magasins, elle y abrite, entre autres, une pharmacie, des écoles, des salons de coiffure, une quincaillerie, une piscine municipale, des restaurants, des organismes à but non lucratif, une radio, trois cliniques et un centre de recherche et de documentation.

Pour un entrepreneur, s’installer dans la Plaza, c’est faire un bon coup, car les nombreux commerces jouissent d’une visibilité importante. Le petit dernier, ouvert en novembre 2009, c’est bar à ongles Candy, une boutique très colorée qui offre, entre autres, un service de pose d’ongles, de manucure et de pédicure. «Rosemont c’est vraiment un bel endroit, c’est un quartier qui bouge! Il y a un bon pourcentage de femmes éduquées, avec des enfants, qui ont assez d’argent pour se payer ce que l’on offre», explique Tamara Di Lullo, propriétaire de l’établissement.

Elle ajoute qu’elle adore la vivacité, l’amabilité et la variété des gens qui passent par la Plaza. «Une chose qui est surprenante, c’est qu’il y a beaucoup de personnes qui vivent dans le quartier, qui passent dans la rue et qui entrent dans notre magasin simplement pour nous dire que c’est beau et pour nous féliciter pour le magasin. Ils s’intéressent à nous! Il y a beaucoup de trafic piétonnier, c’est accessible, le stationnement n’est pas cher et il y a une variété culturelle que j’aime beaucoup.»

Vivre dans la Plaza

Juchés au-dessus de nombreux magasins, se trouvent aussi quelques appartements locatifs. Mathieu Grou-Leclerc y a vécu pendant quatre ans et a beaucoup aimé ce petit coin de Montréal. «Quand je suis arrivé à Montréal, je ne connaissais pas beaucoup la ville, je voulais être dans l’action et je trouvais le quartier intéressant. Tout est à proximité, explique le jeune homme. Le métro est vraiment proche [Beaubien et Jean-Talon] et il y a plein de boutiques intéressantes plus au sud comme la Librairie Raffin ou la fruiterie Pousse l’ananas.»

Vivre dans la Plaza apporte toutefois son lot de désagréments, ce qui a poussé Mathieu à déménager récemment. «C’est très bruyant ici. Il y a beaucoup de circulation, on entend les voitures klaxonner et les gens parler. Il y a un va-et-vient continuel surtout lors des ventes trottoirs. Avec le temps, c’est devenu un peu agaçant, c’est pour cela que je pars», poursuit-il.

Il ajoute qu’il existe aussi un côté un peu impersonnel à l’endroit quand on y habite : «Je n’avais pas l’impression d’avoir une vie de quartier, parce qu’il n’y a pas beaucoup d’appartements et donc pas de solidarité entre voisins.» Recommanderait-il l’endroit pour y habiter? «Ça dépend de ce qu’on cherche! Pour une personne qui aime l’action, c’est parfait.»

Le saviez-vous?

  •   Le magasin Labelle Fourrure fête ses 100 ans! Le magasin a perdu un peu de sa clientèle depuis les dernières années, car la fourrure n’a plus autant la cote. «Il y a long-temps, la fourrure représentait la classe sociale à laquelle tu appartenais. Avant c’était le rêve de s’acheter un manteau de fourrure. Aujourd’hui, tu vas plutôt t’acheter une grosse télé», déplore François Belzile, le neveu de la propriétaire et directeur du magasin.
  •    La fameuse marquise qui caractérise la Plaza pourrait disparaître. Son sort est entre les mains de la Ville de Montréal. Selon la Société de développement commercial de la Plaza, le dossier ne serait pas une priorité de la Ville pour le moment, mais les discussions sont sur la table. La marquise aurait besoin d’une cure de rajeunissement, mais elle est encore là pour y rester quelque temps.
  • L’événement Atmosph’air sur la Plaza bat son plein jusqu’au 11 juillet. La rue, entre Bellechasse et Jean-Talon, est entièrement piétonne pour laisser la place aux centaines de commerçants qui offriront produits, services et rafraîchissements aux passants. Deux scènes sont aussi érigées pour faire place à une kyrielle d’artistes. Bernard Adamus, Orange Orange, Antoine Gratton, Chinatown et Caïman Fu comptent parmi les artistes qui seront de la fête.
  •   Un sac écologique est maintenant disponible pour la clientèle de la Plaza afin de favoriser le développement durable. Les commerçants le vendent au coût de 2 $.

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