Saint-Sauveur décidée à préserver sa quiétude
Les habitudes de certains touristes risquent d’être bouleversées par la décision de la Ville de Saint-Sauveur d’appliquer de manière stricte sa réglementation sur la location de chalets pour de courtes durées. Adoptée au début des années 1990, la réglementation municipale prévoit que les maisons secondaires et les chalets situés dans des secteurs résidentiels ne peuvent être loués qu’à moyen et à long terme. Toute location de moins de quatre mois est ainsi interdite.
Plusieurs propriétaires arrivés à Saint-Sauveur au tournant des années 2000 ont cependant passé outre ce règlement et se sont lancés sur le marché de la location à court terme, souvent pour des périodes de deux ou trois jours. «Au départ, ce phénomène n’était pas très répandu, a expliqué le directeur général de la Ville de Saint-Sauveur, Jean Beaulieu. Mais depuis quelques années, les gens dénoncent plus fréquemment leurs voisins qui louent leur résidence secondaire parce que des groupes y séjournent et font du bruit.»
Ces dénonciations constituent la principale arme de la municipalité contre les propriétaires fautifs. «On ne peut pas mettre un inspecteur devant chaque maison pour savoir ce qui s’y passe», ironise M. Beaulieu. La Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ) a aussi donné un coup de main à la Ville puisque certains propriétaires ont inscrit leur demeure sur le site afin d’attirer les touristes. Près de 75 résidences ont ainsi pu être identifiées.
Les propriétaires de ces chalets ont tous reçu une lettre les avisant que leur taux de taxation serait majoré puisque l’usage qu’ils font de leur résidence correspond à un usage commercial et non privé. À Saint-Sauveur, le taux de taxation des immeubles commerciaux s’élève à 1,32 $ du 100 $ d’évaluation contre 0,47 $ pour les résidences privées. «Depuis que nous avons envoyé cette lettre, six ou sept propriétaires nous ont avisé qu’ils cesseraient de louer leur résidence, a indiqué le DG de Saint-Sauveur. D’autres ont déjà mis leur maison en vente.»
Saint-Sauveur a, par ailleurs, déjà entamé un recours juridique contre l’entreprise Chalets Saint-Sauveur pour non respect des règles de zonage. La Ville a remporté une première victoire en Cour supérieure. Un appel doit être entendu au mois d’avril. Si le jugement donne raison à la municipalité, d’autres poursuites pourraient suivre.