Le Ritz-Carlton ne connaît pas la crise
Autre preuve que la récession a été moins forte au Québec, le tiers des 46 condos de luxe inclus dans le projet de rénovation de l’hôtel Ritz-Carlton auraient déjà été vendus. Et 80 % des acheteurs seraient Québécois. Pourtant, il faut signer un chèque allant de 1,3 M$ à plus de 12 M$ pour devenir propriétaire, et la livraison ne se fera qu’à l’été 2012.
Il faut dire que ce projet, qui flirte désormais avec les 150 M$ (un chiffre que ne veut pas confirmer le DG Andrew Torriani), a pris un an de retard. À la plomberie et à l’électricité vieillissantes et qu’il fallait changer s’est ajoutée une opération de désamiantage (les anciens clients apprécieront).
Pour ne pas trop gêner la circulation, tout le travail de «déshabillage» s’est fait de l’intérieur. L’entrepreneur Pomerleau estime à environ 800 le nombre de conteneurs de déchets qui seront sortis de l’hôtel bientôt centenaire. «Même si le bâtiment a été construit en 1912, on n’a eu que très peu d’interventions à faire pour le mettre aux normes sismiques», se félicite Claude Provencher, l’architecte en chef du projet. C’est notamment à lui qu’on doit la structure extérieure de verre qui habillera les faces sud et ouest de l’édifice.
Ce concept architectural qui mêle l’ancien et le moderne pourrait en dérouter certains. Mais il suit la Charte de Venise (1964), qui précise «que les apports valables de toutes les époques doivent être respectés» et que «l’unité de style n’est pas un but à atteindre au cours d’une restauration».
Les nostalgiques seront toutefois rassurés : la majeure partie de la façade sur la rue Sherbrooke Ouest, le Foyer, la Cour des Palmiers et le Salon Ovale garderont leur style d’antan, malgré une cure de jouvence. À sa réouverture, espérée pour l’hiver 2011, l’hôtel disposera de 130 chambres et suites.