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2 500 policiers manifestent à Montréal

Plus de la moitié des effectifs du Service de police de la Ville de
Montréal (SPVM), soit 2 500 policiers sur un total d’environ 4 500, ont
défilé dans les rues de la métropole mercredi afin de faire connaître
leur mécontentement face au sous-financement de leur service. Estimant
que le manque de ressources financières nuit à la sécurité du public, le
président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, a
dénoncé la gestion que l’administration du maire Tremblay fait du SPVM.

«La
sécurité dans une ville comme Montréal, ce n’est pas quelque chose dont
on peut s’occuper à moitié, a-t-il lancé aux 2 500 policiers rassemblés
devant l’hôtel de Ville. Le SPVM a connu la plus importante baisse
d’effectifs au cours de la dernière année alors que 284 personnes ont
quitté. Ce sont les élus qui sont responsables de la baisse de service.»
La Fraternité a rappelé que le manque d’effectifs forçait le SPVM à
diminuer le nombre de patrouilleurs sur la route, ce qui aurait pour
effet d’allonger les délais de réponse aux appels logés au 9-1-1.
Plusieurs dossiers et plaintes tarderaient également à être traités.

Selon
Yves Francoeur, la sécurité à Montréal est compromise par le
sous-financement du SPVM. Les policiers ont demandé à la Ville de
rapatrier les 35 M$ qu’elle a amputé du budget du SPVM au cours des deux
dernières années et d’indexer l’enveloppe qui lui est dédiée, ce qui
représente une somme d’environ 20 M$. Ils ont aussi demandé à la Ville
de revoir la mission de son Service de police.

Les policiers
reprochent en effet à la Ville de les avoir transformés en
«distributeurs de contraventions» alors que leur rôle premier devrait
être d’assurer la sécurité de la population. «Pour sauver de l’argent,
on réduit le nombre de patrouilleurs sur la route et on les fait
travailler de jour pour pouvoir les poster à des coins de rue et leur
faire donner des contraventions, a affirmé M. Francoeur. Nous sommes en
faveur de la sécurité routière, mais ce n’est pas notre travail d’amener
de l’argent dans les coffres de la Ville en remplissant des quotas de
contraventions.»

La Ville limitée par son budget
Le
responsable de la sécurité publique à la Ville de Montréal, Claude
Trudel, n’a laissé que peu d’espoir aux policiers de voir les budgets du
SPVM augmenter de façon importante en 2011. «Ça serait étonnant de voir
une augmentation sérieuse du budget du SPVM, a indiqué M. Trudel. La
situation financière à Montréal [est difficile] et tout le monde devra
faire des efforts d’imagination.»

Claude Trudel n’a, par
ailleurs, pas apprécié que «la Fraternité joue avec le sentiment de
sécurité de la population» et a rappelé que la Ville de Montréal est une
des villes les plus sécuritaires en Amérique du Nord. L’opposition
officielle n’a pas semblé partager l’opinion de M. Trudel et compte
présenter une motion sur les délais d’intervention de la police de
Montréal lors du conseil de ville de lundi.

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