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Site d'injection supervisé à Vancouver : Cactus Montréal aura son mot à dire

L’organisme Cactus Montréal sera entendu par la Cour Surpême dans la cause qui oppose le site d’injection supervisée (SIS) de Vancouver, Insite, au gouvernement fédéral. Celui-ci prétend qu’Insite contrevient à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances en acceptant que des toxicomanes consomment des produits illicites dans ses locaux. Le SIS croit le contraire. Métro s’est entretenu avec le responsable de l’organisation communautaire de Cactus Montréal, Jean-François Mary.

Avec le statut d’intervenant dans la cause qui oppose Insite à Ottawa, que fera Cactus Montréal?
On va alimenter la réflexion au sujet d’Insite. Ce n’est pas juste une question qui concerne Vancouver, mais elle se pose à la grandeur du Canada. Cactus Montréal a déjà exprimé sa volonté d’ouvrir un SIS. Si le gouvernement fédéral refuse qu’Insite poursuive ses activités, ça nous concerne aussi. On vit des problématiques relativement similaire même si les milieux sont différents. Alors il faut rendre la Loi réglementant certaines drogues et autres substances en adéquation avec la Charte des droits et libertés puisque celle-ci nous permet d’opérer un SIS.

Si la Cour Suprême donne raison à Ottawa, est-ce que Cactus Montréal fera marche arrière avec son projet?
Si on regarde la jurisprudence en Colombie-Britannique, ça serait étonnant que la Cour Suprême donne raison à Ottawa. Depuis 10 ans, un bon bout de chemin a été franchi. D’une part, on a pu valider que les SIS n’étaient pas en contradiction avec les traités internationaux qu’avait signés le Canada. Ensuite, le fait de mettre sur pied un SIS à Vancouver a permis de démontrer que c’était un service de santé et qu’il était de la responsabilité provinciale.

Le procureur général du Québec, soit le ministre de la Justice, est aussi intervenant dans le dossier pour dire qu’en matière de santé, c’est le Québec qui organise les soins de santé. Il y a un enjeu politique à ce niveau-là pour les provinces qui pourraient se voir retirer des pouvoir en matière de santé.

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, ne semble pas être chaud à l’idée des SIS. Selon vous, si le jugement est favorable à Insite, va-t-il accepter de donner le feu vert aux SIS?
Le jugement de la Cour Suprême qui sera fort probablement en faveur d’Insite sera un argument de plus. Les experts en santé du ministre ont déjà dit que les SIS sont une mesure qui porte des fruits et qui est nécessaire. Après cela, quelles raisons lui restent-ils pour refuser la mise en place d’un tel service?

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