Imaginez un instant
Imaginez comment Pauline Marois s’est sentie quand on a annoncé qu’elle avait reçu le soutien de 93 % des militants de son parti le week-end dernier. Wow! Un score sans précédent dans l’histoire du PQ. Est-ce que ça signifie que jamais un chef de cette ingérable formation n’aura été aimé autant qu’elle? Absolument pas.
Ce qu’il faut retenir de cette étonnante manifestation de solidarité, c’est que le PQ a enfin appris à contrôler son côté émotif, qui lui a souvent fait beaucoup de tort dans le passé, pour adopter une attitude davantage stratégique. C’est ce qui lui permettra d’affronter le prochain scrutin provincial en envoyant au front une leader qui aura au moins l’air solide dans ses bottines. C’est déjà ça de pris.
Plutôt que de continuer à s’entredéchirer sur la place du marché, les différentes factions présentes au sein du PQ ont choisi de jouer la carte de l’unité. Au moment où les libéraux ont l’air de se pousser plutôt en essayant de fuir leur ration de taloches quotidienne, c’est justement le temps de montrer un beau portrait de famille bien soudée.
Et qui sait, peut-être qu’un jour, les cousins souverainistes inutilement exilés à Ottawa reviendront dans le coin pour joindre la parade. Là, le tableau sera complet. C’est fou, quand j’écoute ce qui se raconte ces jours-ci, j’ai l’impression que plusieurs bloquistes seront libérés de leur tâche sous peu. Des sondeurs appellent ça l’effet Layton…
? ? ?
Imaginez-vous donc que je viens de voir un autre film québécois qui nous ramène encore dans les années 1960. Un autre Polaroïd au fini glacé-nostalgie. Plutôt sympathique et fort bien joué, le film Frisson des collines, de Richard Roy, comporte toutefois plusieurs éléments qu’on retrouve déjà dans quelques autres productions québécoises récentes. Comme dans Une vie qui commence, de Michel Monty, le jeune personnage principal devient orphelin de père et cherche ses repères dans le monde des adultes. Comme dans Un été sans point ni coup sûr, de Francis Leclerc, l’action se déroule à l’été 1969. Avec l’inévitable scène du premier homme sur la Lune à la télé noir et blanc et, en bonus, le rôle du père tenu dans les deux films par le même Patrice Robitaille. Sans parler d’un tas d’autres similitudes avec C’est pas moi, je le jure, de Philippe Falardeau et Maman est chez le coiffeur, de Léa Pool.
Déduction du moment : nos réalisateurs doivent avoir sensiblement le même âge et semblent manifestement obsédés par leur enfance. Puisque tout doit avoir été dit sur le sujet, pourrions-nous maintenant passer à autre chose?
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.