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Profilage: Le SPVM assume une part du blâme

S’il endosse le rapport sur le profilage racial présenté mercredi par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) n’envisage pas de publier ses statistiques sur l’origine ethnique des personnes interpellées. «Nos partenaires communautaires habituels sont réticents, le cadre légal ne s’y prête pas, et cela pourrait renforcer l’impression de profilage», a fait valoir le chef du SPVM, Marc Parent.

Si le service policier a revu certaines de ses pratiques, la CDPDJ pense qu’il reste du chemin à faire. «Être en groupe de deux ou trois, si vous êtes Noir, peut vous rendre suspect d’appartenir à un gang», a illustré Paul Eid, un membre de la CDPDJ qui a participé à la rédaction du rapport sur le profilage racial.

D’ailleurs, une demi douzaine de cas de profilage attribués au SPVM seraient toujours devant le Tribunal des droits de la personne, dont certains depuis plusieurs années. Cette situation fait dire à Réal Mé­nard, maire de l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneu­­ve et porte-parole de l’opposition en matière de sécurité à la Ville de Montréal, que le procureur du SPVM,  Me Pierre-Yves Boisvert, fait de l’obstruction judiciaire aux frais des contribuables.

M. Ménard demande donc que ces dossiers soient retirés au procureur Boisvert. Marc Parent n’entend pas accéder à cette demande. De son côté, Jocelyn Ann Campbell, responsable du développement social et communautaire à la Ville, a profité de la présentation du rapport pour annoncer que «la Ville [de Montréal] prépare un plan d’action contre le profilage racial et la discrimination qui sera présenté à l’automne». Selon Mme Campbell, le cÅ“ur du problème est la pauvreté; la solution passe donc par l’emploi.

Malgré l’annonce d’un plan d’action, Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, estime que la Ville n’a pas de crédibilité dans ce do­maine. «En 2006, sur ses 30 000 em­ployés, la Ville n’embauchait que 11 % de personnes issues des minorités visibles. Cinq ans plus tard, rien n’a changé». À titre d’exemple, les minorités visibles représentent 18,6 % des employés de la Société de transport de Montréal.

Définition
Le choix des mots pour définir le terme «profilage racial» peut avoir des implications juridiques. La définition du SPVM fait jaser. Celle-ci débute de la sorte : «Le profilage racial et illicite se définit comme toute action initiée par…» D’après plusieurs, l’utilisation du terme «illicite» dans la définition du SPVM peut laisser penser que le profilage racial licite serait admissible s’il s’inscrivait dans une démarche de lutte contre la criminalité.

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