Un appel à la fin du nucléaire au Québec
Alors que se profile la réhabilitation de Gentilly-2, le mouvement Sortons le Québec du nucléaire (MSQN) demande au gouvernement du Québec de privilégier les intérêts des Québécois, plutôt que ceux du «Québec-inc.», et de démanteler la centrale nucléaire.
En 2008, la réfection de la centrale Gentilly-2 était évaluée à 1,9 G$. Depuis, des experts indépendants d’Hydro-Québec ont estimé que la facture atteindrait au bas mot 4 G$. Le MSQN craint que le Québec ne se retrouve avec un autre éléphant blanc.
«Les dépassements de coûts font partie de l’ADN des projets de réfection de centrales nucléaires, a déploré le directeur général de Nature Québec, Christian Simard. Le gouvernement de Jean Charest doit éviter de faire de la réhabilitation de Gentilly-2 une décision politique prise pour encourager le Québec inc. Il faut aller vers le déclassement de la centrale.»
Une provision de 685 M$ serait déjà constituée afin de procéder au démantèlement de Gentilly-2. Cette provision, quoique «minimaliste» aux dires du mouvement Sortons le Québec du nucléaire, est bien loin des milliards requis pour remettre en marche la centrale nucléaire, en opération depuis plus de 25 ans.
Sur son site web, Hydro-Québec rejette le déclassement de Gentilly-2 en rappelant que son exploitation «permet d’assurer près de 750 emplois. En période de réfection, ce sont 800 emplois supplémentaires qui seront créés».
Le MSQN croit toutefois que le récent rejet de la filière nucléaire par des pays comme le Japon et l’Allemagne pourrait ouvrir la porte à la création de nouveaux emplois spécialisés en démantèlement d’anciennes centrales.
«Le marché du déclassement va se développer, a soutenu le directeur général de la Fondation David-Suzuki, Karel Mayrand. Si on doit lancer un projet, ce doit être celui du déclassement de Gentilly-2. On pourra ensuite exporter notre expertise.»
Hydro-Québec a indiqué mardi qu’elle en était à compléter l’état de la situation réclamé par Québec il y a quelques mois.
Dans ce document, la société d’état doit détailler les coûts de différents scénarios, dont ceux de la réfection de Gentilly-2 et du déclassement de la centrale. Le gouvernement doit ensuite retenir un scénario. Il n’a pas été possible de savoir à quel moment cette décision était attendue.
Gentilly-1
- La centrale nucléaire Gentilly-1, qui n’a fonctionné que pendant 180 jours dans les années 1970, n’a toujours pas été déclassée.
- Le mouvement Sortons le Québec du nucléaire propose de la démanteler avant de s’attaquer à Gentilly-2.
- Gentilly-1 pourrait permettre d’établir des protocoles liés au déclassement des réacteurs nucléaires.
- La facture du déclassement de Gentilly-1 incombe exclusivement au gouvernement fédéral.
- Ottawa a déjà mis sur pied un fonds dédié à la décontamination de sites radioactifs canadiens et au déclassement d’infrastructures nucléaires, dont Gentilly-1.