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Véhicules électriques: le courant passe difficilement

Si les véhicules électriques modernes sont présentés comme la solution de l’avenir, notamment en raison de leurs vertus environnementales, leur implantation est loin de se faire facilement. Voici un état des lieux de l’utilisation des véhicules électriques au Québec.

La Zenn traîne de la patte

En 2008, c’était la Zenn qui était à la mode, notamment parce qu’elle était fabriquée non loin, à Saint-Jérôme.L’arrondissement de Côte-des-Neiges en avait acheté un modèle cette année-là. «C’est une auto qui a ses limites parce qu’elle ne route qu’à 40 km/h, mais qui correspond aux besoins de nos conseillers en aménagement et qui est utilisée même l’hiver», indique François Puchin, porte-parole de l’arrondissement. Actuellement, les mécaniciens de l’arrondissement remplacent les six batteries.

Elles coûteront 2 400 $… et auront permis à l’auto de rouler 2 000 km, ce qui correspond à un coût de 1,20 $ par km. Dans le cadre de la mise en place de son plan vert, l’arrondissement n’a depuis acheté aucun autre véhicule électrique, préférant miser sur les véhicules hybrides. Le fabricant de la Zenn a cessé de produire des autos, préférant se concentrer sur la conception de batteries.

Autobus : problèmes en série
À Québec, le Réseau de transport de la capitale a retiré du circuit les huit minibus élec-triques qui roulaient dans le Vieux-Québec, après que l’un d’eux eut pris feu en août. Les batteries avaient tendance à surchauffer après 600 recharges. Trois mois après l’incident, les véhicules n’ont pas été remis sur la route. Les minibus électriques, de marque italienne Technobus, étaient déjà devenus la risée des citoyens, car ils peinaient à grimper les côtes lorsqu’ils étaient pleins.

À Laval, le problème pourrait être tout autre. DesignLine Corporation, l’entreprise américaine qui fabrique le modèle d’autobus élec-trique de 40 pi commandé par la Société de transport de Laval (STL), était en liquidation judiciaire cet été. Si elle a été rachetée depuis, sa situation économique reste néanmoins en observation. «La STL s’est assurée de ne payer que la majeure partie du prix (environ 850 000 $) à la livraison», indique Marcie Céline Bourgault, porte-parole de la STL, qui
devrait recevoir le véhicule en janvier.

La Leaf pas encore en service
Il y a bientôt trois mois, l’entreprise d’autopartage Communauto annonçait l’acquisition de 15 Leaf de la marque Nissan. Pour s’assurer que les clients de Communauto s’adaptent bien aux caractéristiques du véhicule rechargeable électriquement, l’organisme a recruté une centaine de testeurs parmi ses clients. La phase de test devait initialement s’étirer sur trois semaines environ. Cela fait bientôt trois mois.

Si le véhicule est aussi performant qu’une auto traditionnelle, la jauge mesurant l’autonomie restante n’est toutefois pas fiable, esti-mait récemment le chroniqueur automobile Jacques Duval, qui a testé les limites de l’autonomie avant de tomber en panne sèche. Les infrastructures de recharge rapide étant encore inexistantes au Québec, cela pourrait nuire à la formule de Communauto, qui prévoit qu’un même véhicule puisse être emprunté plusieurs fois par jour. L’entreprise indique toutefois que la mise à disposition de la Leaf à tous ses clients se fera d’ici le début de 2012.

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