Le PTI adopté après des débats houleux
À la suite de débats houleux et teintés par la campagne électorale, qui débutera officiellement ce vendredi, le conseil municipal de Montréal a finalement adopté, lundi, le programme triennal d’immobilisations (PTI) 2014-2016.
Quarante-trois élus ont approuvé le PTI préparé par l’actuelle administration de coalition qui prévoit des investissements de 3,8 G$ dans différents projets et programmes conçus par la Ville. Treize se sont opposés à son adoption.
«Ce qui est proposé, ce n’est peut-être pas l’idéal, a convenu le maire de Montréal, Laurent Blanchard. Mais je pense que c’est juste, honnête, responsable et légitime de faire preuve de saine gestion pour léguer à la prochaine administration un programme d’investissements à la mesure de nos moyens. Je ne suis pas gêné de laisser ce legs à la prochaine administration.»
M. Blanchard a rappelé que la prochaine administration pourra modifier quelque peu le PTI. Il a également enjoint ses collègues à approuver le document. «Plus vite il sera adopté, plus les investissements peuvent se faire et plus vite les travaux pourront commencer», a-t-il déclaré.
La chef de Vision Montréal, Louise Harel était du même avis. Elle a rappelé qu’en 2009-2010, 64% des fonds inscrits au PTI ont été engagés, contre 49% en 2011-2012. L’écart des investissements est chiffré à 220 M$, a souligné Mme Harel, ce qui a engendré des pertes d’emploi et des pertes de revenus, tant pour les travailleurs, les entreprises, la Ville que les gouvernements supérieurs.
Avant même le début de l’assemblée extraordinaire, Mme Harel s’est dite inquiète que le PTI ne soit pas adopté puisque des élus membres de la Commission sur les finances et l’administration n’ont pas assisté aux travaux portant sur le PTI.
Projet Montréal, qui était insatisfait du peu d’investissements liés aux transports collectifs et actifs dans le PTI, a approuvé par dépit le document préparé par l’administration de coalition. «Nous allons endosser le PTI tel que présenté, mais sachez qu’il sera très sévèrement modifié le 4 novembre au matin si cela ne tient que de nous», a averti le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.
«C’est une pure comédie», a lancé son côté la mairesse de Villeray—Saint-Michel—Parc Extension, Anie Samson, pendant l’assemblée extraordinaire du conseil. Elle a décrié le fait que le PTI soit adopté à un mois et demi des élections municipales. «On devra l’adopter de nouveau après le 3 novembre, a-t-elle dit. C’est une perte de temps, une perte d’énergie et une perte d’argent!»
Son collègue et maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, a abondé dans le même sens en disant que le PTI est illégitime et représente un manque de respect pour la démocratie. «Je siège dans des conseils municipaux depuis 1990. On a jamais adopté des PTI avant des élections», a-t-il dit.
Avant même que le PTI ne soit soumis aux élus, le responsable de la Sécurité publique, Christian G. Dubois, a tenté de le modifier. Il a demandé que des fonds affectés aux legs du 375e anniversaire de la Ville de Montréal soient plutôt accordés pour l’achat de nouveaux véhicules du Service de police de la Ville de Montréal et pour l’entretien de casernes de pompiers. Le budget de la sécurité publique a été coupé de 41%, a souligné M. Dubois. Après que plusieurs élus se soient opposés à l’amendement, dont le maire de Montréal, le responsable de la sécurité publique a retiré sa demande.