Marcel Côté mord la poussière
Marcel Côté termine quatrième et sa Coalition perd les deux tiers de ses sièges au conseil de ville.
L’économiste n’avait récolté que 13 % des suffrages au moment d’écrire ces lignes, pas même les 15 % nécessaires au remboursement de ses frais de campagne.
«C’est une leçon de démocratie que nous avons eue aujourd’hui et nous l’acceptons», a déclaré l’homme de 71 ans qui a offert sa collaboration au gagnant Denis Coderre.
Son parti qui détenait 15 sièges au conseil de ville en début de campagne n’en comptera plus que 5, délaissant sa place d’opposition officielle à Projet Montréal.
Plusieurs pointures ont mordu la poussière, dont Louise Harel. Que restera-t-il du parti? «On va attendre de voir», a déclaré Marvin Rotrand, l’un des seuls élus qui espère que Denis Coderre acceptera de fonctionner dans la collégialité.
Avec 29 % des voix, Louise Harel a perdu son combat dans le district de Sainte-Marie (centre-ville) contre Valérie Plante de Projet Montréal.
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La Coalition ne détiendrait plus que deux mairies d’arrondissement, celles de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce et de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Mais les deux maires élus, Russell Copeman et Réal Ménard, seront minoritaires.
Questionné sur son avenir politique, M. Côté est resté évasif. Est-il candidat à un poste de directeur général de la fonction publique municipale? «On verra, c’est bon de laisser les choses décanter», a conclu M. Côté.
Résumé de la campagne
Au début de la campagne électorale, Marcel Côté avait été présenté comme le candidat capable de barrer la route à Denis Coderre.
Lors de l’annonce de sa candidature, au début du mois de juillet, le cofondateur de la firme Secor avait redonné espoir au monde des affaires. Fédéraliste convaincu, son alliance avec l’ancienne ministre péquiste Louise Harel (Vision Montréal) allait permettre de rallier anglophones et francophones sous une même bannière, la Coalition Montréal Marcel Côté… Erreur. En politique, 1+1 font rarement 2.
Ainsi, avant l’annonce de M. Côté, Louise Harel, alors candidate, obtenait près de 25 % des intentions de votes. Près de quatre mois plus tard, Marcel Côté n’est plus crédité que de 11 % des suffrages. S’il échoue dans la course à la mairie et si son colistier, Albert Perez (district de Côte-des-Neiges) mord la poussière, M. Côté ne pourra même pas siéger au conseil municipal.
Le vainqueur le recrutera-t-il alors comme directeur général de l’administration municipale? C’est ce qu’a suggéré l’éditorialiste de La Presse, François Cardinal, qui a noté que Marcel Côté avait une certaine vision des changements à apporter pour réformer l’administration municipale… à défaut d’être un grand politicien.
Les candidats à suivre dans la Coalition Montréal
- Russel Copeman. L’ancien député libéral est bien connu, il s’agit de son ancienne circonscription. Mais la lutte est très serrée dans l’ancien arrondissement de Michael Applebaum.
- Louise Harel. La chef de Vision Montréal a délaissé son arrondissement fétiche de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve pour se présenter dans le centre-ville (District de Sainte-Marie). Un pari risqué.
- Benoit Dorais. Le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest avait gagné par la peau des dents en 2009 (27 voix). Il devra faire face à une forte opposition du candidat de Projet Montréal, Jason Prince.
- Marvin Rotrand. C’est l’un des rares anciens d’Union Montréal à avoir rejoint la Coalition Montréal, plutôt que l’Équipe Coderre. En paiera-t-il le prix dans le district de Snowdon?
- Réal Ménard et Laurent Blanchard. Même s’ils ont été très en vue politiquement ces derniers mois, arriveront-ils à conserver leur poste, sous la pression de Projet Montréal, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve?