Montréal
06:00 4 décembre 2013 | mise à jour le: 6 décembre 2013 à 09:03 temps de lecture: 6 minutes

3e symbole le plus emblématique de Montréal: le pont Jacques-Cartier

3e symbole le plus emblématique de Montréal: le pont Jacques-Cartier
Photo: Arnaud Baty

Toute la semaine, Métro présente les cinq symboles les plus emblématiques de Montréal. La liste a été dressée grâce aux choix d’une quarantaine de personnalités montréalaises influentes. Aujourd’hui, le fabuleux destin du pont Jacques-Cartier vu par Yves Sigouin.

Son voisin de l’ouest a bien mauvaise presse. Après 50 ans de vie, il faut déjà remplacer Champlain. Jacques-Cartier, lui, enjambe majestueusement le fleuve Saint-Laurent depuis plus de 80 ans. Et on prévoit le mettre à la retraite seulement lorsqu’il aura atteint l’âge vénérable de 150 ans.

Yves Sigouin emprunte Jacques-Cartier tous les matins pour se rendre au travail. «À ce moment-ci de l’année, quand le soleil se lève, vers 7 h, il éclaire la super structure qui reluit. C’est magnifique», raconte celui qui est à l’emploi de la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain depuis plus de 30 ans.

D’aussi loin qu’il se souvienne, le pont a toujours été dans son collimateur. M. Sigouin a grandi dans le quartier Centre-Sud. «Depuis le stade des Royaux, on voyait très bien le pont», se rappelle celui qui a débuté sa carrière à la Société comme péager sur le pont Champlain. Aujourd’hui, il occupe le poste de directeur Approvisionnement et il aperçoit la structure d’acier depuis la fenêtre de son bureau.

«Pour moi, Jacques-Cartier représente la porte d’entrée de Montréal, beaucoup plus que le pont Victoria, construit avant, ou que le pont Champlain, souligne M. Sigouin. Les deux arches du pont, c’est ce qui me marque le plus quand j’entre en ville.»

Le pont Jacques-Cartier n’a plus de secret pour le travailleur, qui l’a exploré sous toutes ses coutures, du dessous du tablier, sur les piliers, jusqu’à son point le plus élevé, à 104 mètres au-dessus du fleuve. Le plus beau coup d’œil? «En direction de Montréal, à la hauteur de la voie maritime, avec le mat du Stade olympique qu’on décèle à travers la structure», croit M. Sigouin.

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Celui qui est le gardien des procédures d’acquisition pour les ponts Champlain et Jacques-Cartier consent que le second a meilleure presse que son petit frère. «Mais on ne peut pas comparer des pommes avec des oranges, précise-t-il. Le volume de circulation est beaucoup plus important sur Champlain, qui reçoit davantage de transport de marchandises.» Aussi, les coûts de réfection – qui atteindront cette année 200 M$ pour les deux ponts – sont différents, alors que l’un requiert des interventions sur son béton et l’autre sur son acier.

N’empêche, il flotte autour de Jacques-Cartier une sorte d’aura qui en fait un chouchou des Montréalais, qu’on le traverse en automobile, à pied ou à vélo. Dès 1875, on parle de la nécessité d’un nouveau pont pour Montréal. Il faudra attendre 1925, après que plusieurs plans aient été tablettés – dont celui d’un tunnel entre Longueuil et Hochelaga –, pour que la première pierre soit posée.

En 1930, un an avant la date originalement prévue, le premier ministre canadien William Mackenzie King inaugure, en appuyant sur un bouton depuis son bureau à Ottawa, le Montreal Harbour Bridge, qui sera rebaptisé quatre ans plus tard pour le 400e de l’arrivée de Cartier au Canada.

Gageons que Champlain doit se retourner dans sa tombe.

Pont Jacques-Cartier

Adresse: route 134. De Longueuil à l’arrondissement de Ville-Marie
Construction: De 1925 à 1930, ouverture le 14 mai 1930
Architecte: Philip Louis Pratley
Longueur: 2 725 mètres, comme le Golden Gate Bridge de San Francisco
Matériau: Acier
Nombre de voies: 5, plus 2 trottoirs pour les piétons et les cyclistes
Circulation: 43 millions de véhicules par année
Surnom: Le pont croche, à cause des trois courbes dans son tablier. La première vise à garder les piliers dans l’axe du courant légèrement différent de part et d’autre de l’île Sainte-Hélène. La deuxième ramène le tablier dans l’axe de circulation nord-sud de Montréal. Finalement, la dernière est la faute d’Hector Barsalou, propriétaire d’une usine à savon rue de Lorimier, qui a refusé de se faire exproprier lors de la construction du pont!

Le top 15

symboles de Montréal

  1. Le mont Royal
  2. Les escaliers
  3. Le pont Jacques-Cartier et le fleuve Saint-Laurent
  4. Le Canadien de Montréal
  5. Le stade olympique
  6. Le bagel
  7. Le dôme géodésique de Buckminster Fuller (Biosphère)
  8. Le Quartier des spectacles
  9. Orange Julep
  10. La Place Ville-Marie
  11. Habitat 67
  12. La poutine
  13. Bixi
  14. L’enseigne Farine Five Roses
  15. Le Vieux-Montréal

Et aussi…
D’autres symboles qui ont été nommés par les membres du jury :

  • Le silo no5 et l’Oratoire Saint-Joseph
  • L’Homme de Calder et les boules roses du Village

Le jury

Richard Bergeron, chef Projet Montréal • Guy Berthiaume, pdg Bibliothèque et Archives nationales du Québec • Daniel Blier, directeur Société du Parc Jean-Drapeau • Marc Blondeau, pdg Place des arts • Nathalie Bondil, directrice Musée des beaux-arts de Montréal • Simon Boulerice, auteur • Simon Brault, président Culture Montréal • Charles-Mathieu Brunelle, directeur Espace pour la vie • Dinu Bumbaru, directeur des politiques Héritage Montréal • Marc-André Carignan, chroniqueur en architecture • Françoise David, députée de Québec solidaire • Giovanni De Paoli, doyen de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal • L’équipe de Moment Factory • Mélissa Maya Falkenberg, journaliste • Carlos Ferreira, restaurateur • Suzanne Fortier, rectrice de l’Université McGill • Liza Frulla, membre du c.a. Conseil des arts de Montréal • Marie-Julie Gagnon, journaliste et blogueuse • Nicolas Girard, pdg Agence métropolitaine de transport • Nicolas Girard Deltruc, directeur Festival du nouveau cinéma • Arnaud Granata, directeur des contenus Infopresse • Alexandre Grégoire, réalisateur • Michel Hellman, illustrateur et bédéiste • Michel Labrecque, ex-président Société de transport de Montréal • Yves Lalumière, président Tourisme Montréal • Philippe Lamarre, éditeur Urbania • Mado Lamothe, drag queen • Eugène Lapierre, directeur Coupe Rogers • Michel Leblanc, président Chambre de commerce du Montréal métropolitain • Véronique Leduc, journaliste et blogueuse • Francine Lelièvre, directrice Musée Pointe à Callière • Jonathan Lemieux, artiste et auteur • Stephen Leopold, homme d’affaires • Jean-François Lisée, député péquiste et ministre responsable de la Métropole • Frédéric Metz, designer • Lorraine Pintal, directrice Théâtre du Nouveau-Monde • Anie Sansom, maire de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension et vice-présidente du Comité exécutif de la Ville de Montréal • Monique Savoie, directrice Société des arts technologiques • Alain Simard, président Spectra • Alexandre Taillefer, président du c.a. du Musée d’art contemporain • Kim Thuy, auteure • Élisabeth Vallet, professeure associée au département de géographie de l’UQAM et directrice scientifique à la Chaire Raoul-Dandurand • Cathy Wong, présidente du Conseil des Montréalaises • Adam Zinzan, designer graphique

* Les règles du jeu: Chaque membre du jury a dressé la liste des trois symboles montréalais les plus importants à ses yeux. Une première place donnait 5 points au symbole cité, une deuxième, 3, et une troisième, 1.

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