Le Québec dans l’objectif de Claire Beaugrand-Champagne
Claire Beaugrand-Champagne est considérée comme la première femme photographe de presse au Québec. Près de 200 clichés tirés de son appareil photo, qui a croqué la société québécoise durant plus de 40 ans, seront exposés au Musée McCord du 5 décembre au 13 avril.
Photographie. Une pionnière
En 1970, Claire Beaugrand-Champagne fait ses débuts comme photographe de presse au quotidien Le Jour. Elle est la première québécoise à être embauchée par un média écrit.
«Au début, les gens ne me prenaient pas au sérieux. La photographie était réservée aux hommes et ils ne comprenaient pas ce que je faisais là», se rappelle Mme Beaugrand-Champagne. La photographe estime pourtant que ses collègues ont toujours été aimables avec elle, et qu’elle a rapidement réussi à faire sa place. Au Cégep du Vieux Montréal, où elle était la seule femme inscrite au programme de photographie, elle ne s’est pas sentie rejetée non plus.
Portrait. La société québécoise
Mme Beaugrand-Champagne a documenté la société en se concentrant sur ses acteurs principaux, les gens. «Quand je regarde mes photographies des années 1970, je me rends compte de l’importance du document social que j’ai fait, constate la photographe. J’ai immortalisé une époque aujourd’hui révolue.»
Outre les photos de presse, pratiquement tous ses clichés mettent en scène des personnages avec qui elle a établi un lien et qui ont accepté de se faire photographier dans l’intimité de leur logis ou dans leur lieu de travail. Ce sont des personnes âgées, des enfants, des familles et des sans-abris tout autant que des vedettes comme Félix Leclerc et Leonard Cohen.
Dans un récent projet, elle a photographié des artisans de la fourrure, qui pratiquent un métier en voie de disparaître.
Montréal. Humainement riche
En 2004, Mme Beaugrand-Champagne publie le recueil «Des gens de mon quartier», dans lequel on peut voir des habitants de Rosemont–La Petite-Patrie en train de pratiquer leurs activités quotidiennes. «Il y a plein de gens intéressants à Montréal, fait valoir la discrète photographe. C’est riche, c’est multiculturel.»
Elle continue actuellement ce projet qui s’est étendu à toute la ville. La diversité de Montréal transparaît très bien dans son œuvre. Chaque portrait est accompagné d’un nom et d’une petite biographie. On découvre Dakka le coordonnier, Daniel le surfeur, Ann la brocanteuse et Claude l’embaumeur ambulant, pour n’en nommer que quelques-uns.

