Le Forum sur l’hypersexualisation affiche complet
L’hypersexualisation des filles préoccupe beaucoup la population, si l’on en croit le niveau d’inscription au premier forum organisé par le gouvernement du Québec sur cette question, à Laval.
Plus de 110 personnes ont confirmé leur présence à l’événement qui débute jeudi, ce qui signifie que toutes les places sont comblées. «On a eu pas mal de réactions et d’inscriptions spontanées, a affirmé Suzanne Proulx, adjointe parlementaire à la ministre de la Condition féminine. Ce sont des représentants d’organismes publics et de groupes communautaires, des intervenants dans les écoles et dans les centres jeunesse, des parents, des grands-parents et même des adolescentes.»
Mme Proulx supervisera les quatre forums, qui la mèneront aussi à Québec, en Abitibi-Témiscamingue et sur la Côte-Nord. «On pense même ajouter d’autres régions à notre tournée», a dit la députée de Sainte-Rose.
L’objectif de ces forums est de mobiliser les acteurs concernés pour faire un portrait de l’hypersexualisation des filles au Québec, examiner des pistes d’action possibles, donner des outils à tous ces intervenants et éventuellement adresser des recommandations à la ministre responsable de la Condition féminine, Agnès Maltais.
Plusieurs sexologues, chercheurs et intervenants feront des présentations sur les enjeux liés à cette hypersexualisation. «Les filles n’ont jamais été aussi esclaves de leur apparence et elles perdent de l’estime d’elles-mêmes. Quand on «objectise» le corps des femmes, on le rend aussi plus vulnérable à la violence», croit Mariette Julien, professeure à l’École supérieur de mode de l’UQAM et auteur du livre «La mode hypersexualisée».
[pullquote]
De son côté, Pascale Philibert, agente de recherche au Centre jeunesse de la Montérégie, estime que l’hypersexualisation entretient l’exploitation sexuelle des jeunes filles. «Les jeunes adolescentes se font manipuler et séduire par des proxénètes qui leur disent qu’elles sont sexy et qu’elles savent plaire aux hommes, qui leur donnent des vêtements sexy et qui les gâtent comme dans les vidéoclips, raconte Mme Philibert. Elles ont l’impression que c’est normal, parce que c’est le modèle que la mode et leurs idoles projettent.»
Pour ce qui est des pistes de solutions, plusieurs intervenants misent sur l’éducation et l’encadrement. «Il faut que les adultes qui entourent ces adolescents, comme les parents, compensent en parlant des valeurs derrière la sexualité, comme la responsabilisation, le respect, l’amour et le rapport égalitaire», estime Mme Philibert.
La Table de concertation de Laval en condition féminine a développé une trousse d’information en ligne, intitulé Zéro cliché, qui vise à sensibiliser les jeunes et les adultes qui les entourent aux stéréotypes sexuels et sexistes, de même qu’à une sexualité saine.