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Des leçons pour le nouvel inspecteur général

Photo: Yves Provencher/Métro

Pour guider son action, le nouvel inspecteur général pourrait s’inspirer des mesures prises par le passé à Montréal et plus récemment dans d’autres villes d’Amérique du Nord pour lutter contre la corruption.

C’est ce qui sera examiné vendredi par des chercheurs invités par le Centre de recherche interdisciplinaire en études montréalaises de McGill (CRIEM) à une série de tables rondes intitulée «L’inspecteur général de la Ville de Montréal: le salut vers une ville intègre?».

«C’est le moment ou jamais, maintenant que l’inspecteur commence son travail et va se constituer une équipe, de se demander quelle est la nature de l’expertise nécessaire pour qu’il mène son travail à bien», estime Daniel Weinstock, codirecteur intérimaire du CRIEM.

La première leçon à tirer de l’histoire est que l’inspecteur général ne devrait pas se donner un mandat trop ambitieux, juge Harold Bérubé, professeur d’histoire à l’Université de Sherbrooke, qui participera aux tables rondes. «Dans les années 1910, la Ville de Montréal avait mis sur pied un bureau des commissaires, qui étaient chargées de vérifier l’éthique de toutes les décisions prises à la ville, raconte M. Bérubé. Ils ont échoué parce qu’ils ont été écrasés sous la tâche.»

Une autre chose à garder en tête: le succès de cette lutte ne peut pas reposer sur une seule personne ou une réforme structurelle. Pour se débarrasser de la corruption depuis le début du 20e siècle, les autorités ont essayé diverses formules, comme de séparer le pouvoir administratif du pouvoir exécutif, de nommer des inspecteurs spéciaux et de renforcer les pouvoirs du maire. «Mais sans la collaboration des élus, des fonctionnaires, des médias et des citoyens, ces changements ne servent à rien», soulève M. Bérubé.

Par ailleurs, de nombreuses autres villes du Canada et des États-Unis ont été récemment aux prises avec des problèmes éthiques semblables à ceux de Montréal: fraude, malversation, abus de pouvoir. Ces villes ont développé des mécanismes desquels il est bon de s’inspirer, en regardant ce qui a bien fonctionné ou non et en les adaptant à notre contexte, croit André Fortier, directeur de l’Observatoire de l’administration publique à l’ÉNAP.

Par exemple, Toronto a adopté une nouvelle loi en 2007, suite au rapport d’un mandat d’enquête sur des cas de fraude et de trafic d’influence dans le processus d’attribution de certains contrats à Toronto. «Ils ont notamment renforcé le rôle du vérificateur général, ont mise en place un registre des lobbyistes et ont instauré une ligne de dénonciation plus efficace, énumère M. Fortier. Est-ce que ça a été utile? On pourra juger selon les résultats, qui ne sont pas probants pour le moment.»

L’inspecteur général de la Ville de Montréal: le salut vers une ville intègre?
Ouvert au public
28 févier à partir de 13h
Centre canadien d’architecture, 1920, rue Baile

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