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Le SPVM veut protéger les victimes d’exploitation sexuelle

Photo: Métro

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) envoie le message qu’il considère les femmes du milieu de la prostitution comme des victimes et que ces dernières ne doivent pas craindre de faire appel aux policiers, notamment si elles sont victimes de violence.

Le SPVM affirme procéder à un changement d’orientation avec son plan d’action 2014-2016 sur la prostitution et la traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle, dévoilé lundi.

«Ces personnes doivent comprendre qu’on est là pour les aider, pour leur donner des ressources et du soutien. Elles doivent arrêter de penser qu’elles seront victimes d’un préjugé ou d’un jugement lorsqu’elles vont rencontrer un policier», a fait savoir Johanne Paquin, inspecteur chef au SPVM.

L’énergie est maintenant investie contre les personnes qui les exploitent, affirme le SPVM. Le plan s’articule autour de trois priorités d’action, soit l’exploitation sexuelle des mineurs, la traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle et la cohabitation dans les quartiers sensibles.

Un ensemble de mesures ayant pour objectif de lutter plus efficacement contre la traite humaine, notamment la mise en place d’une escouade regroupant des enquêteurs de Montréal, de Laval, de Longueuil et de la Sûreté du Québec, sont prévues dans le plan. De plus, les policiers, qui enquêtent sur l’exploitation sexuelle des mineurs et ceux qui se chargent de la traite des adultes, travailleront maintenant ensemble. «Comme ces deux milieux ont beaucoup de liens, c’est plus logique qu’il y ait une telle collaboration», fait valoir Mme Paquin.

Le SPVM voudrait aussi que soit créé un centre intégré pour les victimes d’exploitation sexuelle du Montréal métropolitain, qui offrirait un corridor de services, notamment juridiques, médiaux, sociaux et en toxicomanie. Il compte aussi mettre en place une ligne téléphonique à l’intention des victimes d’exploitation sexuelle, disponible 24h sur 24.

Il manque toutefois un tel corridor de services pour les travailleuses du sexe qui ne sont pas victimes de traite humaine, croit l’organisme d’aide aux travailleuses du sexe Stella. «Les travailleuses du sexe ont un chapeau de criminel et si on dénonce les violences qu’on vit, il est possible de se retrouver derrière les barreaux. C’est l’une des barrières qui fait qu’elles ne dénoncent pas les violences», affirme Anna-Aude Caouette, coordonnatrice clinique chez Stella.

Contrairement aux affirmations de Mme Paquin, Mme Caouette remarque que les travailleuses du sexe ne sont pas toujours reçues avec respect dans les postes de police.

«Ces femmes ne devraient pas avoir peur d’être arrêtées, affirme toutefois Mme Paquin. On n’encourage pas nos policiers à intervenir en ce sens.»

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