Infrastructures: Montréal veut rattraper son retard
Montréal compte rattraper son retard quant à l’état de son réseau routier. Elle prévoit investir au total près de 1,4G$ entre 2015 et 2017, soit 820M$ dans le maintien et la réhabilitation, ainsi que 537M$ dans le développement de son réseau routier.
C’est l’un des principaux points de son Programme triennal d’immobilisations (PTI) 2015-2017 présenté mercredi et qui détaille les projets que Montréal compte réaliser dans les trois prochaines années. Le montant annoncé pour les infrastructures routières représente une augmentation de plus de 465M$ par rapport au PTI précédent.
De façon générale, la Ville planifie investir près de 4,6G$ pour ce PTI, soit une augmentation de 778M$ par rapport au PTI précédent. Le PTI représente les investissements que la Ville compte faire en empruntant l’argent nécessaire, contrairement au budget de fonctionnement qui est dépensé à même l’argent que possède la Ville.
Conscient que les citoyens espèrent voir les résultats de l’amélioration du réseau routier, le maire de Montréal, Denis Coderre, assure que son administration mettra les efforts nécessaires pour améliorer le taux de réalisation de son PTI, qui présente également cette année plusieurs autres investissements en lien avec les legs du 375e anniversaire de Montréal.
Si le taux de réalisation du PTI en 2013 a été de 39, 1%, soit une dépense de 734M$, la Ville planifie d’augmenter ce taux d’au moins 15% en 2014, pour une dépense de près de 850M$, puis d’augmenter à nouveau en 2015 de 25% par rapport à 2014.
Certains facteurs, dont les problèmes liés à la collusion et à la corruption et l’embauche de plusieurs nouveaux ingénieurs dans les dernières années, ont ralenti la réalisation des projets de la Ville, notamment en matière d’infrastructures, a reconnu le directeur général de la Ville de Montréal, Alain Marcoux.
«Pourquoi le PTI fonctionnerait-il cette fois-ci? Parce que les méthodes sont différentes», a affirmé Denis Coderre.
Denis Coderre soutient que le programme d’amélioration de la performance organisationnelle, sur lequel son administration travaille, l’inspecteur général, les données ouvertes et les indicateurs de performance qu’ils comptent mettre sur pied, sont autant de facteurs qui assureront un meilleur taux de réalisation.
Fait particulier pour les trois prochaines années, la Ville bénéficie pour ce PTI d’une possibilité d’emprunt supplémentaire de 1,275G$, en raison d’investissements non réalisés dans les dernières années.
Pour l’opposition officielle à la Ville de Montréal, Projet Montréal, cette marge supplémentaire «était l’occasion rêvée de faire des projets structurants en habitation et en transport en commun». «La STM nous dit constamment qu’elle n’a pas de moyens suffisants pour maintenir son réseau, et on met plutôt 100M$ pour de l’asphalte qu’on va étendre sur les rues», a regretté le chef intérimaire de Projet Montréal, Luc Ferrandez.
La conseillère de ville dans l’arrondissement de Mercier-Hochelage-Maisonneuve, Laurence Lavigne Lalonde, a soulevé pour sa part des craintes quant à une possible augmentation des contrats accordés au privé. «D’un côté, l’administration Coderre augmente ses investissements et veut augmenter son taux de réalisation, mais de l’autre, elle nous demande de couper des postes en arrondissement dans le cadre de son Plan quinquennal de main d’œuvre», a-t-elle fait valoir, rappelant le lourd passé à la Ville liant le privé à la collusion et la corruption.
Coalition Montréal, la deuxième opposition à la Ville de Montréal, s’est réjouie de la bonification de certains programmes, mais elle craint aussi que la Ville «accule les arrondissements à recourir davantage au privé». Le chef de Coalition Montréal, Benoît Dorais, aussi maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, a dit espérer que l’administration Coderre «mette tout en place afin que les travaux prévus se réalisent, de façon durable et à un juste coût».
Exemple de projets inclus au PTI 2015-2017:
- 190,5M$ pour la réfection du réseau routier local pour les arrondissements
- 155M$ pour la réfection des artères
- 100M$ pour le programme de planage-revêtement pour les arrondissements
- 42,4M$ pour le développement du réseau cyclable visant une réalisation annuelle de 50km d’aménagement cyclable
- 74,1M$ pour le réaménagement de l’autoroute Bonaventure
- 50,9M$ pour le réaménagement urbain en vue de la mise en fonction du service rapide par bus sur Pie-IX
- 23,6M$ pour la reconstruction d’infrastructures désuètes et le rehaussement de la qualité des aménagements aux alentours du CHUM et du CRCHUM, notamment les abords de l’autoroute Ville-Marie et le square Viger
- 52,2M$ pour l’achèvement de la dernière phase du Quartier des spectacles, menant à l’aménagement de l’esplanade Clark
- 30M$ pour des travaux d’amélioration des infrastructures du circuit Gilles-Villeneuve, au parc Jean-Drapeau
- 22,8M$ pour la poursuite des effort en vue de favoriser la création de logements sociaux et communautaires, principalement par des investissements en infrastructures
Exemple des legs du 375e anniversaires de Montréal inclus au PTI:
- 35,7M$ pour la requalification des abords de l’autoroute Ville-Marie (création d’un lieu public aux abords de la station de métro Champs-de-Mars)
- 53,2M$ pour des promenades riveraines et la rénovation de la place des Nations, au parc Jean-Drapeau
- 42,3M$ pour l’aménagement du Complexe environnemental de Saint-Michel
- 48M$ pour le réaménagement de la rue Sainte-Catherine Ouest, de Mansfield à De Bleury