Soutenez

L’an 1 de Denis Coderre: deux experts se prononcent

Photo: Yves Provencher/Métro

Métro a demandé à deux experts leur avis sur la première année de Denis Coderre à la tête de la Ville de Montréal. Entrevues avec Bruce Hicks et Danielle Pilette.

ACTU - Bruce Hicks«Bien adapté au rôle de maire»
Pour Bruce Hicks, professeur de science politique à l’Université Concordia, le maire de Montréal Denis Coderre a surtout apporté une dose d’optimisme lorsqu’il a été élu il y a un an. «La ville avait besoin d’optimisme, après tous les problèmes de corruption et avec nos infrastructures qui tombent en morceaux, juge-t-il. Quand M. Coderre parle de Montréal, il semble sincèrement aimer sa ville. Quand il évoque la place de la métropole dans le monde, je crois que les Montréalais se sentent réconfortés.»

M. Hicks affirme avoir été surpris de voir le nouveau maire exercer ses nouvelles fonctions avec un esprit collégial, étant donné son passé politique. «Il est très différent du Denis Coderre de la Chambre des communes. Cet endroit est très partisan et agressif, et M. Coderre était un bagarreur lorsqu’il était député, puis ministre fédéral, lance-t-il. Mais à Montréal, il a fait ce qu’un maire doit faire, c’est-à-dire travailler de concert avec l’opposition, essayer de bâtir un consensus.»

Dans son Programme triennal d’immobilisations (PTI) déposé mercredi der­nier, l’administration du maire prévoit consacrer
4,5G$ aux infrastructures. Une bonne chose, selon M. Hicks. «En raison de notre système fédéral, les politiciens consa­crent beaucoup de temps à jeter le blâme sur les autres paliers de gouvernement, reconnaît-il. Ce qui est positif avec ce PTI, c’est que M. Coderre n’attendra pas bêtement que les gouvernements provincial et fédéral agissent pour les infrastructures, il prend l’initiative et les force en quelque sorte à le suivre.»


Évaluation

  • Un bon coup: Ses investissements dans les infrastructures.
  • Un mauvais coup: «Il a fait quelques petites bavures, mais je ne crois pas qu’elles soient susceptibles d’affecter l’opinion publique.»

 

ACTU - Danielle Pilette«Il se crée des relations difficiles»
Si elle reconnaît les talents de communicateur du maire de Montréal Denis Coderre, la professeure d’études urbaines de l’Université de Montréal Danielle Pilette critique sa gestion interne. «Il est à l’aise dans les communications et la représentation de la ville à l’extérieur. Il est très à l’aise dans les réseaux d’élus, admet-elle. Quand on arrive aux choses internes à la ville, avec les arrondissements ou avec les employés, là, il est beaucoup moins habile. Ce n’est pas quelque chose qu’il a développé en tant que député et ministre fédéral, et ça paraît.»

Mme Pilette croit que le maire a mal géré la crise entourant le projet de loi 3 du gouvernement provincial, qui vise à réformer le financement des régimes de retraite des employés municipaux. Elle pense que le maire se met ses employés à dos, avec comme résultat le grabuge commis par des pompiers à l’hôtel de ville en août dernier.

«Probablement avait-il sous-estimé le côté militant des syndicats à Montréal. Il n’était pas obligé de s’allier au maire [de Québec, Régis] Labeaume ni à l’Union des municipalités du Québec. La sagesse aurait voulu que la Ville de Montréal se place un peu au-dessus de la mêlée», juge-t-elle. La professeure croît plutôt que M. Coderre aurait dû faire comme ses collègues à Longueuil et Gatineau, et proposer à Québec d’examiner chaque régime de retraite de façon variable.

Mme Pilette s’inquiète en outre du bilan du maire en matière de lutte contre la corruption. Elle croit qu’il permet encore trop de proximité entre certains gestionnaires municipaux et des entreprises qui reçoivent des contrats.

 

Évaluation

  • Un bon coup: Sa vision du développement économique et sa représentation de Montréal à l’étranger.
  • Un mauvais coup: Son manque d’effort dans la lutte contre la collusion.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.