Soutenez

Projet Montréal: 10 ans plus tard

Photo: Yves Provencher/Métro

Projet Montréal, qui forme l’opposition officielle à la Ville de Montréal, soulignera samedi ses 10 ans d’existence. Le nouveau chef intérimaire, et maire du Plateau–Mont-Royal, Luc Ferrandez, revient sur le parcours du parti fondé il y a une décennie par Richard Bergeron.

Depuis 10 ans, quel a été l’apport de Projet Montréal à la politique montréalaise?
Nous avons été beaucoup plus sensibles que les autres partis à la qualité de vie en ville. Avant, les gens quittaient Montréal parce que ce n’était pas une place pour vivre avec des enfants, maintenant, c’est parce que ça coûte trop cher. C’est toute une différence. C’est grâce aux politiques de Projet Montréal. Dans les quartiers qu’on dirige, il y a eu un changement flagrant de la qualité de vie: 55 ruelles vertes, on a sécurisé des dizaines de rues, repensé des parcs, on a développé les programmes de toits blancs… La ville a retrouvé ses lettres de noblesse.

Projet Montréal s’est également attiré la grogne des citoyens, notamment en raison des mesures d’apaisement de la circulation sur le Plateau. Qu’en pensez-vous maintenant?
Il faut pousser les gens à prendre le transport en commun et ce n’est pas seulement les messages publicitaires d’encouragement qui vont convaincre les gens de le prendre. Il faut des aménagements concrets. Si les gens sont pris dans la congestion, la solution ce n’est pas de créer plus de rues. De toute manière, dans 10 ans, ça coûtera simplement trop cher à la moyenne des Montréalais de se déplacer en voiture tous les jours. Richard Bergeron a constamment remis ces questions sur le dessus de la pile et je pense que le niveau d’intelligence des Montréalais est bien meilleur qu’avant son arrivée.

Projet Montréal aurait donc contribué à ouvrir les esprits?
Absolument. [Lors de mon premier mandat comme maire du Plateau], combien de fois je me suis fait dire: «c’est une farce ce que tu nous proposes? De toute manière, on te sort dans quatre ans». Pourtant, j’ai été l’élu qui a eu le plus de votes de l’histoire du Plateau–Mont-Royal quatre ans plus tard. Alors, il y a vraiment une évolution dans la manière dont les Montréalais conçoivent la qualité de vie.

Comment sera Montréal dans 10 ans?
Nous n’avons pas le choix de devenir une ville de plus en plus intelligente, afin de garder les emplois d’avenir. Pour ce faire, il faut avoir des projets forts et des politiques fortes. On n’a pas le choix de devenir plus performant comme politiciens. Mais aussi, les gens ne voient pas juste la ville comme un milieu fonctionnel, ils voient ça comme un milieu de vie et un milieu d’évasion. Il faut qu’on puisse prendre son vélo et rouler de la rive de la Rivière des Prairies jusqu’à la rive du Saint-Laurent. Il faut qu’on ait accès à un parc nature, il faut trouver des canards et des hérons dans la ville. Il faut que la ville se «débétonnise».

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.