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Fermeture de la mosquée Al Andalous: mécontentement dans la communauté

Photo: Isabelle Bergeron

Qualifiant de «discriminatoire» la décision de fermer la mosquée Al Andalous, observateurs et membres de la communauté musulmane de Saint-Laurent manifestent leur mécontentement.

Le Centre Islamique Al Andalous se situe au coin des boulevards Décarie et Côte-vertu, un secteur où l’installation de lieux de culte est interdite.

Un règlement controversé
«Avec le plan d’urbanisme de Saint-Laurent, il est très difficile de se trouver un nouveau local qui correspond à nos besoins», explique Kefi Slim, le responsable du centre.

Le plan d’urbanisme de Montréal, en vigueur depuis 2004, autorise uniquement les lieux de culte dans un petit secteur bordé par les boulevards Montpellier et Côte-Vertu.

De plus, à l’extérieur de ce secteur, une trentaine de lieux de culte sont dispersés à travers l’arrondissement, jouissant de droits acquis transférables d’un propriétaire à l’autre.

Haroun Bouazzi, le co-président de l’Association des Musulmans et des Arabes pour la Laïcité au Québec, qui soutient le centre, mentionne aussi que le plan de zonage fourni par l’arrondissement laisse très peu de latitude.

«Le plan de zonage n’indique que des bâtiments où se trouvent déjà des églises et des synagogues. Le seul endroit [que l’arrondissement] nous a proposé ne faisait que 1500 pieds carré, ce qui est beaucoup trop petit pour notre communauté», explique-t-il.

Pour Jean-René Milot, professeur associé au département des sciences de la religion à l’UQAM, proposer aux groupes religieux des endroits où les droits de culte sont déjà acquis peut engendrer son lot d’effets négatifs. «C’est de leur dire que les nouvelles populations immigrantes n’ont plus droit à de tels privilèges. En droit, cela s’appelle de la discrimination indirecte.»

Le maire, Alan De Sousa, nie toutefois toute forme de discrimination.
«Nous avons toujours été permissifs avec les gens qui veulent pratiquer sur notre territoire», dit-il, soutenant que le nombre d’institutions présentes dans le secteur semble répondre aux besoins de la communauté.

De nombreux musulmans à accommoder
Pour M. Haroun, les quelques 20 000 musulmans qui résident à Saint-Laurent n’ont pas suffisamment de lieux où prier.
«Si on ferme leurs mosquées, ils s’installeront dans des sous-sol, on ne saura pas si les normes de sécurité sont respectées ou s’il y a des radicaux. Pire, les mosquées vont être tellement remplies, qu’ils vont se retrouver à prier sur les trottoirs».

«Les élus de l’arrondissement doivent penser à ces conséquences. Le règlement n’a pas été pensé pour exclure, mais dans le contexte, il peut être interprété de la sorte», soutient le professeur Jean-René Milot.

À chacun sa mosquée
Frédéric Castel, chargé de cours au département de science des religions de l’UQAM, explique que si la mosquée Al Andalous en vient véritablement à fermer, «ça ne sera pas simple».

«Al Andalous accueille des musulmans plus jeunes, maghrébins, francophones et de la même confession [sunnite], c’est réellement une communauté et elle ne peut pas simplement changer de mosquée, soutient M. castel, ajoutant qu’il est difficile pour eux de trouver la mosquée adéquate.»

Quatre organismes dont l’Association des Musulmans et des Arabes pour la Laïcité au Québec (AMAL) ont fait parvenir une lettre au maire Coderre demandant une rencontre pour discuter de la problématique de Saint-Laurent. Durant cette rencontre, l’AMAL remettra une pétition signée par plus de 1000 citoyens qui fréquentent le centre islamique Al Andalous.

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