Montréal accepte les conclusions du vérificateur général, mais réplique
La Ville de Montréal a affirmé mardi qu’elle «accueillait avec ouverture», le rapport du Vérificateur général. Elle s’est toutefois empressée d’ajouter que des mesures sont déjà en place pour corriger certaines lacunes.
En ce qui concerne les logements insalubres, le président du comité exécutif à la Ville de Montréal, Michael Applebaum a contredit le vérificateur en déclarant agir de façon proactive. Il a ajouté que la Ville compte améliorer les pratiques d’inspection. Questionné à savoir s’il la Ville avait un portrait complet des logements à problème, M. Applebaum a toutefois renvoyé la balle aux arrondissements. «Les inspections sont la responsabilité des arrondissement», a-t-il indiqué ajoutant que ce sont les inspecteurs qui sont mieux informés sur la situation. «On a aussi une équipe [à la Ville centre] pour aider les arrondissements […] mais, oui, on connaît assez bien la situation», a-t-il poursuivi.
Véronique Fournier, conseillère dans l’arrondissement du Sud-Ouest sous la bannière Vision Montréal, a rétorqué que la Ville n’est pas exempte de responsabilité en la matière. «La Ville doit avoir un portrait d’ensemble de la situation et une fois que c’est fait, il faut voir quels sont les modes de financement pour appuyer les arrondissements», a-t-elle expliqué. Selon Mme Fournier, les arrondissements manquent de ressources pour améliorer les inspections et le suivi des dossiers.
Quant à la baisse de la concentration de contrats alloués aux mêmes entreprises, Alex Norris, conseiller de Projet Montréal, soulignait lundi que cela ne signifiait nullement l’efficacité des mesures prises par l’administration Tremblay. M. Applebaum s’est défendu de continuer de faire affaires avec Tony Accurso en affirmant que la Ville se doit d’octroyer ses contrats au plus bas soumissionnaire lors des appels d’offres et qu’elle serait poursuivie le cas contraire.
Du côté des matières dangereuses et de la sécurité dans les édifices municipaux, la Ville affirme travailler avec les intervenants concernés pour améliorer la situation.
Quatre critiques à la Ville de Montréal
Dans un document de quelques 550 pages, Jacques Bergeron soulève plusieurs aspects sur lesquels la Ville est appelée à se pencher:
1. Logements insalubres
Le Vérificateur constate que la Ville ne dispose pas d’un portrait complet des logements qui posent problèmes. Il indique aussi que les inspecteurs interviennent auprès des propriétaires de logements insalubres sur la base de plaintes et non pas de façon systématique et préventive. Les dossiers prennent entre trois mois et un an avant d’être résolus et le suivi est insuffisant.
2. Concentration d’octrois de contrats
Dans son rapport de 2010, M. Bergeron soulignait une concentration de contrats octroyés à certaines entreprises de construction dans onze arrondissements. Dans son rapport 2012, il ne reste que cinq arrondissements. Cela le «porte à croire» que les mesures mises en place par la ville et la province donne des résultats. Ces cinq arrondissements sont représentés par Union Montréal, le parti du maire Tremblay. Tony Accurso récemment arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) compte parmi les propriétaires ou actionnaires de certaines des entreprises visées.
3. Gestion des matières dangereuses
Le vérificateur constate que la Ville ne possède pas de renseignements clés pour évaluer les risques d’accidents industriels majeurs. De plus, le Service de sécurité incendies de Montréal n’a pas en main les informations adéquates pour mettre en place des plans d’intervention.
4. Gestion de la sécurité physique
Après avoir effectué divers «tests d’intrusion» le Vérificateur a identifié 17 édifices municipaux «sensibles». Le rapport fait état de portes non verrouillées, d’informations confidentielles ou d’objets de valeur visibles de l’extérieur. Plusieurs sites ne possédaient pas d’équipements de surveillance (caméra, alarmes) ou ils ne fonctionnaient pas.
Un sujet à ne pas aborder
Le vérificateur général à la Ville de Montréal a détaillé dans un rapport étoffé les états financiers de la Ville et des organismes qui en dépendent, notamment. Questionné au sujet du congédiement d’un de ses adjoints, Denis Tremblay, le 9 mai dernier, M. Bergeron s’est montré avare de commentaires. Il a affirmé qu’il n’était pas présent pour commenter ce sujet.