Départ de Marc Parent: «la Ville a de la misère avec les personnalités fortes», croit l’opposition
Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, quittera ses fonctions à la fin de son mandat en septembre prochain.
Le maire de Montréal, Denis Coderre, avait pourtant indiqué en novembre dernier qu’il entendait demander à la ministre de la Sécurité public, Lise Thériault, un prolongement du mandat de M. Parent. Il avait alors décrit le policier comme étant «un homme d’une très grande compétence».
«J’avais demandé à ce qu’on puisse le renouveler, mais [Marc Parent] a accepté un autre défi», a dit Denis Coderre, jeudi. Il a ajouté qu’il le remerciait pour ses services et qu’il n’y a aucun différend entre M. Parent et la Ville.
Du côté de l’opposition officielle à la Ville de Montréal, François Limoges, porte-parole de Projet Montréal en matière de sécurité publique, rappelle qu’il s’agit du «deuxième départ en un an et demi d’un gestionnaire compétent et de talent à un gros poste sous l’administration Coderre, après Carl Desrosiers à la STM». «L’impression que ça donne c’est que l’administration Coderre a de la misère avec les personnalités fortes et préfère peut-être s’entourer de « yes man », suggère l’élu.
La rumeur du départ de Marc Parent courrait depuis quelques jours à l’hôtel de ville, reconnaît M. Limoges, mais il a préféré «ne pas commenter les rumeurs», affirmant que c’est à l’administration de Denis Coderre à s’expliquer sur la place publique.
«Marc Parent était empêtré dans des mandats contradictoires de l’administration Coderre, poursuit M. Limoges. D’un côté, il a été embauché pour mettre fin au profilage racial et social et renforcer la police de quartier. D’un autre côté, on a une administration qui tient une ligne très dure envers les manifestants, qui a cautionné avec force le règlement P-6», remarque M. Limoges pour tenter de comprendre le départ de M. Parent.
L’élu estime que l’annonce de ce départ est une perte pour la Ville, considérant le talent et la force de M. Parent. «Il croyait à la police communautaire de quartier, il y a eu une augmentation importante des effectifs aux postes de quartier», affirme-t-il. Il déplore tout de même la gestion de Marc Parent «du côté de la répression de certains types de manifestations et de manifestants. On n’a pas vu une amélioration, au contraire», nuance M. Limoges.
Marc Parent dirige le SPVM depuis 2010. Il a succédé à Yvan Delorme, qui a été à la tête du SPVM de 2005 à 2010.