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Fermetures déjà envisagées à la plage de Verdun

Photo: Félix O.J. Fournier/TC Media

La plage de Verdun n’est pas encore construite que déjà, certains experts croient qu’elle pourrait être fermée sporadiquement durant l’été. Le trajet suivi par les eaux usées lors du grand déversement de la mi-novembre laisse entrevoir que la qualité de l’eau derrière l’Auditorium pourrait être compromise à de multiple reprises à la suite de fortes pluies et des épisodes de surverses qui en découlent. Une situation qui inquiète plusieurs résidents.

Selon les résultats de la campagne d’échantillonnage réalisée par Montréal, la contamination bactérienne des berges de Verdun a atteint 2 700 000 coliformes par 100 millilitres durant le déversement, soit 13 500 fois la limite autorisée pour la baignade. Toutefois, à moins de 200 mètres des berges, le taux de coliformes était si peu élevé que l’eau aurait été propice à la baignade.

À plus petite échelle, le même phénomène se produit plusieurs fois chaque été lorsque les égouts sont surchargés et débordent dans le fleuve lors de pluies abondantes. Les eaux usées suivent alors le même patron que durant le grand déversement.

L’été dernier, le Réseau du suivi du milieu aquatique de la Ville de Montréal a mesuré des taux supérieurs à la limite permise pour la baignade à six reprises en amont de la future plage, ce qui aurait forcé sa fermeture pendant 48 heures chaque fois.

Daniel Greene de la Société pour vaincre la pollution, explique pour sa part qu’«en 2015, on a constaté une forte augmentation des coliformes sur les berges de Verdun à cause des surverses continuelles durant cet été particulièrement pluvieux. Ça montre la précarité de la qualité de l’eau de la plage».

Le maire rassurant
L’administration de Verdun affirme être bien au fait de la problématique. «Nous étudions des façons de réduire la quantité d’eau rejetée à proximité du site, plus en aval de la plage, indique le maire Jean-François Parenteau. En tenant compte des améliorations projetées, nous ne craignons pas d’affirmer que les citoyens pourront profiter pleinement de la plage de Verdun.»

Quelques résidents, présents lors du dernier conseil d’arrondissement, ont exigé d’être tenus au courant des résultats des études de contamination bactérienne de la Ville de Montréal, ainsi que de celles du ministère de l’Environnement.

Selon Simon Octeau, président d’Héritage Laurentien, l’arrondissement de Verdun devra se doter d’un système plus efficace que celui de la ville-centre pour protéger les utilisateurs de la plage lors de surverses.

Les résultats des échantillonnages de la Ville effectués le long des berges ne sont connus que trois jours après. Rien ne protège les baigneurs et les surfeurs dans le fleuve, sauf leur bon jugement», signale d’ailleurs M. Octeau

Actuellement, Montréal ne dévoile ni la quantité, ni la durée de ses surverses.

Corridor de pollution extrême
Dans un document envoyé à TC Media, la Société pour vaincre la pollution explique que le suivi du déversement démontre clairement que le «pouvoir de dilution» du fleuve lors d’un rejet à partir de la rive, comme c’est le cas à Montréal, est un mythe.

«C’est le contraire qui se passe. En effet, le courant du fleuve empêche les polluants de se disperser latéralement. Le résultat est un corridor de pollution extrême qui longe la rive», peut-on y lire.

Ainsi, les eaux en provenance des Grands Lacs demeurent au centre du fleuve et ne se mélangent pas à celles de la rivière Outaouais, qui s’écoulent le long des berges, entraînant les eaux usées des surverses.

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