Montréal
04:00 9 février 2016 | mise à jour le: 9 février 2016 à 11:28 Temps de lecture: 3 minutes

Les taxis veulent ralentir l’accès à l’aéroport Trudeau mercredi

Les taxis veulent ralentir l’accès à l’aéroport Trudeau mercredi
Photo: Josie Desmarais/Métro

Les chauffeurs de taxi promettent de ralentir l’accès à l’aéroport Montréal-Trudeau mercredi, alors qu’Uber refuse de suspendre ses services le temps que siège la commission parlementaire qui doit se pencher sur les conditions de sa légalisation au Québec.

«Si Uber ne suspend pas ses services, on a près de 2500 chauffeurs qui soutiennent le mouvement de grève et qui pourraient retirer leur lanternon et circuler aux abords de l’aéroport, ce qui aurait un impact non négligeable sur la circulation», indique Mohcine El Meliani, un des coordonnateurs de la manifestation de mercredi.

Invitée à suspendre ses services, l’entreprise Uber affirme par courriel qu’«il est dommage de constater qu’encore une fois tout ce que l’industrie du taxi propose c’est de tenter de réduire les services offerts à la population. Nous continuerons de travailler avec les différents paliers gouvernementaux pour réglementer les services de covoiturage urbain tout en continuant d’offrir des courses sécuritaires, fiables et abordables aux Québécois qui le désirent», a répondu par courriel Xavier Van Chau, un des porte-parole d’Uber Canada

«Suspendre les activités d’Uber fait partie des scénarios que j’évalue. Mais mettre une telle règle, ça implique de pouvoir l’implanter», a précisé lundi le nouveau ministre des Transports Jacques Daoust. La semaine dernière, il avait indiqué compter sur la commission parlementaire pour trouver des façons de légaliser UberX, un service de taxi citoyen, tout en réduisant les inégalités de traitement avec l’industrie du taxi. «Actuellement, un chauffeur Uber n’a pas de permis spécial, pas d’assurance commerciale, ni besoin de faire inspecter ses véhicules et il ne paie pas la TPS/TVQ», a indiqué le ministre Daoust qui compte sur la commission parlementaire pour trouver des solutions.

Comme le souligne Jean Vachon, directeur des communications de Taxi Hochelaga, un chauffeur de taxi paie 1200$ pour suivre une formation obligatoire, 550$ par semaine pour louer un permis de taxi, 911$ pour sa plaque d’immatriculation et 112$ tous les 2 ans pour renouveler son permis de chauffeur. En comparaison, un chauffeur UberX ne paie rien de tout cela, note-t-il. «Que vous soyez étudiant ou informaticien, que vous soyez plombier, représentant, chef d’entreprise, pharmacien, posez-vous cette question: accepteriez-vous que votre compétiteur obtienne un tel avantage en ne se conformant pas à nos lois?», conclut-il.

Pour Mohcine El Meliani qui pilote le mouvement de grève, l’entreprise américaine est désormais à la croisée des chemins au Québec. «S’ils refusent de suspendre leurs services le temps de la commission parlementaire, ça veut dire qu’ils ne veulent pas se conformer aux lois», affirme-t-il en soulignant que l’entreprise a par exemple déposé une injonction contre la saisie de ses disques durs par Revenu Québec qui souhaite évaluer si l’entreprise a commis des infractions fiscales.

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